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Quand on se compare, on se console

Quand on n’a pas fait de nouvelles rencontres depuis un bail, quand notre dernière fréquentation a disparu sans donner de nouvelles et quand notre énième amie nous annonce qu’elle est enceinte, il est parfois facile de se plaindre de notre statut de célibataire.

Toutefois, quand on se compare aux célibataires d’ailleurs dans le monde, on se console, car être seule et sans prétendant quand on n’est pas née en Occident n’est pas toujours évident.

Parlez-en à Josette, une charmante jeune fille d’origine hawaïenne dont j’ai fait la connaissance il y a quelques mois. Nous avons discuté célibat toutes les deux, et laissez-moi vous dire que si les remarques que matante Gertrude vous radote sur votre état civil chaque Noël sont pour vous la pire des musiques, elles seraient douces aux oreilles de Josette!

Élevée en France, Josette est arrivée au Québec il y a une dizaine d’années. Célibataire et habitant seule, elle est le mouton noir de sa famille. Ses deux jeunes sours sont toutes deux mariées et mères de deux enfants, alors qu’elle est dans une position peu respectable aux yeux de sa communauté. Non seulement sa mère lui demande chaque fois qu’elles se parlent au téléphone quand est-ce qu’elle va finir par rencontrer quelqu’un, mais son père ne dit à personne que sa fille vie seule dans la grande ville de Montréal.

Pourquoi? Parce qu’il est très mal vu pour une jeune femme d’être épanouie de la sorte. Les filles qui sont encore célibataires à 29 ans sont considérées par certains membres de sa communauté comme des filles aux mours légères, qui doivent vraiment avoir quelque chose qui ne tourne pas rond pour qu’aucun homme n’ait voulu les épouser. Pourtant, Josette est très heureuse de son célibat, et comme nous toutes, elle attend de tomber sur le bon garçon au lieu de
se mettre en couple et de se marier avec le premier venu.

Vous vous croyez revenu à l’époque de la Grande Noirceur? Moi aussi! Josette n’est pourtant pas la seule dans cette position.

Dans plusieurs pays du Maghreb et du Moyen-Orient, les jeunes femmes doivent être vierges jusqu’à leur mariage, alors les filles célibataires n’ont qu’à bien se tenir! Celles qui désirent rester seules provoquent quant à elles la colère de leurs parents qui, souvent, ont déjà choisi pour elles avec qui elles vont passer le reste de leurs jours.

Je parle ici de milieux très traditionnels, et il semblerait qu’en 2011 certaines coutumes tendent à changer. Toutefois, nombreuses sont encore les femmes célibataires qui se font opérer pour «retrouver leur virginité» et ainsi être aptes à se marier. 

En voyant tout cela, je me dis que la façon dont une jeune femme de 29 ans peut vivre sont célibat au Québec est presque un privilège! Les commentaires de matante Gertrude sur le fait qu’on n’a pas de chum? De la petite bière! La pression sociale pour avoir un mari, un enfant et une maison avant 30 ans? Un petit détail! Nous apitoyer sur notre sort? De vrais enfantillages!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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