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Comme un homme

Je me suis retrouvée dans une drôle de situation dernièrement. Une situation où je me suis sentie comme un homme… Serait-ce le célibat qui est en train de me transformer?

Ne vous inquiétez pas, il ne me pousse pas d’excroissance entre les jambes ou de poil au menton; je vous parle ici de la fois où je me suis sentie comme un don Juan de première essayant de montrer les rudiments de l’amour à une jeune fille prude.

Pourtant, la soirée avait bien commencé. J’étais avec des amies, nous faisions la file pour entrer dans un pub quand la gang de gars devant nous a commencé à fraterniser. Nous avons finalement passé la soirée ensemble et quand quelqu’un a prononcé le mot «poutine», nous nous sommes tous retrouvés dans un resto près de chez moi.

Mon amie Joanie flirtait avec Marc-Antoine, et moi, je ne savais pas si Simon lorgnait ma copine Catherine ou moi. Finalement, Marc-Antoine m’a fait savoir que Simon aimerait bien avoir mon numéro de téléphone. Au lieu de le lui donner, je l’ai invité chez moi pour un dernier verre. Autour d’une bière, nous avons discuté musique, mais aux premières lueurs de l’aube, j’ai annoncé à Simon que j’étais fatiguée et qu’il pouvait coucher chez moi s’il voulait. Je me suis alors dit en mon for intérieur que, s’il n’avait rien tenté comme approche jusqu’à maintenant, je lui donnais maintenant le signal pour m’embrasser. Cela ne s’est pas du tout passé ainsi. On s’est finalement déshabil­lés chacun de son côté du lit avant de se glisser sous les couvertures, et Simon m’a alors confié qu’il n’avait jamais eu d’aventure d’un soir.

Je l’ai alors rassuré en lui disant qu’il n’y avait rien de mal là-dedans. Par contre, je me suis sentie comme le séducteur de ces dames qui se retrouve au lit avec une jeune femme qui lui dit : «C’est ma première fois.»

Est-ce que Simon voulait me dire par là qu’il préférait qu’on dorme en cuillère, ou me disait-il que je devais y aller mollo?
Finalement, on s’est embrassés, mais rapidement, j’ai eu l’impression de me retrouver avec mon premier copain du secondaire lors de nos premiers rapprochements, alors qu’il n’osait pas effleurer ma poitrine ou ma petite culotte.

J’ai donc agi comme un vrai gentleman et j’ai fait comme si des préliminaires interminables de «flattage» de dos me satisfaisaient. Les gars, je vous comprends tellement maintenant!

Je peux même dire avoir eu le vague sentiment de ce que c’est que de dévierger une femme!

Sans blague, est-ce que c’est grave, docteur? Est-ce que je suis en train de me transformer en vrai de vrai gars?

Il semblerait même que ce phénomène touche d’autres êtres humains de mon espèce. Mon amie Valérie m’a raconté récemment que, lors de sa dernière nuit d’amour avec son amant, elle n’arrivait pas à lui faire fermer le clapet après l’acte. «Je voulais juste dormir, et lui parlait, parlait, parlait!»
Misère! On fait quoi, docteur?

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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