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Inquiets d'un gel des fonds vers Haïti

Desjardins Josianne - TC Media
Les déclarations du ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino au sujet du gel des fonds destinés à de nouveaux projets en Haïti sèment l’inquiétude chez des membres de la communauté haïtienne de Montréal. La députée d’Honoré-Mercier, Paulina Ayala, a organisé une discussion pour transmettre leur message à Ottawa.

Une dizaine de représentants d’organismes et de la communauté ont répondu à l’appel de la députée néo-démocrate le 15 janvier, dont le parti a récemment dénoncé la décision.

La directrice de la Maison des jeunes Rivière-des-Prairies, Constane Vincent, est retournée dans son pays d’origine en novembre. C’est là qu’elle a constaté l’ampleur des dégâts laissés par le séisme, même trois ans après que la tragédie est survenue.

« Malgré la mauvaise gérance, le gouvernement canadien a profité de la situation. Pour eux, c’était un prétexte pour cesser l’aide. Selon moi, d’autres moyens auraient pu être pris pour intervenir. Il faut consulter la population sur le terrain. Ils vivent encore dans une situation chaotique », déplore-t-elle.

Jean-Marcel Baltazar, un résident d’Anjou, croit pour sa part que la décision du gouvernement est « injuste ». « Elle a été prise très rapidement et sans réfléchir, poursuit-il. On accuse le gouvernement haïtien d’avoir fait une mauvaise gestion de leur finance et de ne pas avoir pris ses responsabilités. Mais c’est plus compliqué que ça ».

Dans l’ensemble, la plupart des intervenants étaient du même avis: le gouvernement canadien devrait reconsidérer sa position.

Le ministre Fantino a indiqué en janvier que le Canada revoit actuellement sa stratégie d’engagement à long terme en Haïti.Le gouvernement se disait préoccupé par la lenteur du développement en Haïti, principalement dû aux institutions gouvernementales. 

Mme Ayala a spécifié que le gouvernement haïtien ne reçoit pas l’aide des autres pays directement. La gestion des fonds revient souvent aux organismes non-gouvernementaux (ONG).

La sénatrice Céline Hervieux-Payette était aussi présente lors de la discussion. En tant que membre de la délégation parlementaire canadienne, tout comme Mme Ayala, elles ont effectué une visite en Haïti en mars 2012 et elles ont constaté « l’état de survie » perpétuel dans lequel les habitants vivent. En décembre, on comptait encore 360 000 Haïtiens parqués dans les camps de réfugiés depuis le séisme, selon l’Organisation internationale des migrations.

Dans le rapport de la délégation, les membres ont indiqué que « le financement des projets devrait durer de trois à cinq ans. Les projets agricoles et environnementaux étaient les plus importants ».

Depuis 2006, le Canada a versé environ 1 G$ pour venir en aide à Haïti.

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