C’est un peu, beaucoup le message que nous a envoyé Stephen Harper la semaine dernière.
Son gouvernement a annoncé qu’il va accélérer au maximum le processus d’examen environnemental des grands projets. Eh bien, je crois que les dizaines de milliers de personnes qui sont descendues dans la rue hier à Montréal pour la défense du bien commun lui ont donné leur réponse. Non, «mon’oncle» ne se tassera pas!
Ce gouvernement veut non seulement accélérer la procédure environnementale, mais la rétrécir à l’extrême.
Prenons l’exemple d’un oléoduc : seuls les gens qui vivent très près du futur oléoduc auraient le droit de se faire entendre. Aucun droit de représentation ne serait accordé, par exemple, aux syndicats agricoles qui représentent les cultivateurs affectés. Aucun droit de représentation ne serait accordé aux groupes environnementaux non plus.
Ce que veut faire ce gouvernement, c’est étouffer le débat public, ça saute aux yeux! Pourtant, la seule façon de déterminer si un projet a du bon sens ou non, c’est d’écouter un grand nombre de points de vue. Mais ça, ça ne correspond pas à la façon de faire de sieur Harper, bien connu pour être dominateur, centralisateur, bref, pour être un control freak. C’est clair que si on veut tout contrôler, on est fortement tenté de dire : «Au diable le débat public, ma façon de voir les choses est la bonne, et c’est ça qui est ça!»
Le désir d’enrichir les bien nantis fait certainement partie des motivations qui poussent ce gouvernement à mettre la hache dans la procédure d’évaluation environnementale canadienne. La nouvelle approche vise notamment les grands projets pétroliers. Comme par hasard, ceux-ci sont situés en Alberta et en Saskatchewan. Et c’est là aussi que Harper a sa base électorale.
Ce n’est pas la première fois que Stephen Harper prend pour les riches et contre les plus démunis. Il a récemment annoncé que l’âge de la retraite passera de 65 à 67 ans. Conséquence : le pourcentage de personnes âgées de 65 ans et plus qui vivent dans la pauvreté augmentera d’un bon 25 % (selon une étude de l’Université d’Ottawa).
Toujours du même côté, ce Harper… et pas du nôtre!
