Est-ce que le profil de votre clientèle a changé au cours des dernières années?
Les demandes augmentent continuellement et on ne peut pas servir tout le monde. La clientèle est de plus en plus âgée. Avant, nous servions souvent des gens pour une courte durée, après qu’ils ont subi une hospitalisation par exemple. Maintenant, nous ne pouvons plus. On se concentre sur les personnes en perte d’autonomie et qui sont maintenues à domicile. Elles nous sont référées par le CLSC. Malgré tout, nous avons une liste d’attente.
Il y a des personnes à qui nous avons rendu visite et que leur cuisinière est débranchée, parce que c’était trop dangereux pour eux. D’autres ont tout simplement moins le goût de se faire à manger. Nous avons déjà rencontré un couple qui ne mangeait que des toasts à la journée longue.
Qu’est-ce que vous trouvez le plus difficile dans votre travail?
Lorsqu’on fait la balade, c’est de voir des gens malades, qui s’ennuient ou qui sont seuls. Je me souviens d’une dame qui était atteinte de la maladie de l’Alzheimer. Un jour, nous sommes arrivés chez elle et elle ne répondait pas. Nous l’avions trouvé dans sa chambre; elle fouillait dans ses tiroirs sans savoir pourquoi. Elle ne se souvenait plus qu’on venait lui emmener son repas.
Sentez-vous que vos visites font une différence dans la vie de ces gens?
Oui! Nous sommes parfois les seules personnes qu’ils vont voir dans leur journée. On prend quelques minutes pour leur parler et les amener à l’extérieur. Nous sommes aussi les yeux des intervenants du CLSC. Lors de nos visites, on peut savoir si quelque chose ne va pas. Par ailleurs, nous recevons beaucoup de félicitations des bénéficiaires qui apprécient la qualité de la nourriture.
Comment arrivez-vous à financer la Popote roulante?
Depuis nos débuts, nous ne recevons aucune subvention, mais on s’en sort bien. Nous avons beaucoup d’appui. L’arrondissement paye les frais de notre loyer, au sous-sol de l’église Saint-Conrad et nous recevons aussi beaucoup de dons d’entreprises, d’élus et d’organismes.
Pour trouver des bénévoles, nous sommes privilégiés. Le bouche-à-oreille est très efficace. Nos bénévoles se sentent respectés dans leur demande. C’est rare qu’il y a des accrochages et certains bénévoles deviennent des amis avec le temps.
Nous avons des bénévoles âgés surtout entre 55 et 85 ans. Tout récemment, nous avons accueillis notre plus jeune bénévole: elle a 50 ans!
Comment qualifiez-vous la Popote roulante en trois mots?
Indispensable, abordable et de qualité!
La popote roulante, c’est…
-Un repas complet, comprenant un soupe, un repas principal et un dessert pour 4,50 $
-24 repas servis deux fois par semaine, les mardis et les jeudis
-60 bénévoles en action, qui consacrent au moins 3 h de leur temps par mois