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De médecin dans un bidonville à prêtre

C’est lors d’un stage en médecine dans un bidonville à Lima, au Pérou, que Jorge Muniz-Gugliermino a reçu « l’appel de Dieu ». Après être devenu Père Jorge, il a reçu un second appel : celui du Diocèse de Montréal, en manque de prêtres.

Père Jorge a fait du chemin avant d’être prêtre à la paroisse de Notre-Dame-d’Anjou. Originaire du Pérou, il a vécu 17 ans en France et étudié la médecine.

Mais sa vie a littéralement basculé lorsqu’il a rencontré « les pauvres » en retournant dans son pays natal. Une rencontre « radicale », entre autres parce qu’il provenait d’un milieu aisé.

Il dit cependant avoir apprécié les cinq années passées dans un des plus grands bidonvilles de Lima. « J’ai trouvé ça incroyable qu’une personne te laisse entrer dans sa vie comme ça, te confie sa santé. Ce n’est pas juste par les médicaments que j’ai bâti ces relations, mais surtout par l’écoute », raconte-t-il.

« Je me suis demandé: pourquoi tant d’injustice? J’étais révolté parce que je voulais comprendre pourquoi ces gens se sont retrouvés dans cette situation-là », explique-t-il.

Toujours en quête d’explications, Père Jorge dit avoir été subitement confronté à sa croyance religieuse. « J’ai entendu que Dieu m’appelait. C’était une voix inconnue, mais confiante », se souvient-il.

Cet événement l’a donc mené à rejoindre les Lazaristes, qui sont formés des frères et des prêtres de la Congrégation de la Mission, fondée en 1625 par Saint-Vincent-de-Paul.

La mission première des Lazaristes est de faire connaître Dieu aux pauvres. Ils entreprennent aussi des missions paroissiales itinérantes, surtout dans les pays en voie de développement, et forment de nouveaux prêtres. Tous les éléments étaient réunis pour convenir aux aspirations de Père Jorge. « Je crois que mon chemin a été tracé par le Seigneur. Et moi, je veux simplement rendre service ».

Relancer la communauté catholique

Il y a trois ans, la congrégation de Père Jorge lui donne une mission : celle de devenir prêtre à Montréal. Le Diocèse le mandate donc pour la paroisse de Notre-Dame-d’Anjou.

« Il y avait un manque de prêtres. Nous sommes de moins en moins nombreux. On m’a donc demandé de relancer la communauté catholique ici », se souvient-il.

Si on a tendance à croire que la population délaisse les églises, Père Jorge croit que le mouvement n’est pas éteint, surtout auprès des jeunes.

« Il y a beaucoup de gens qui se cherchent. De plus en plus de jeunes sont en quête du sens de la vie, d’une spiritualité. Nous n’avons jamais eu autant de moyens de communications, mais les gens vivent souvent dans la solitude », soutient-il.

C’est pourquoi Père Jorge considère qu’une part importante de son travail est de partager ses connaissances de la foi avec les laïcs.

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