Danielle Boulet, citoyenne et commissaire scolaire à la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, a demandé à Luis Miranda ce qui justifiait ce « déménagement à la dernière minute » et le prix de l’acquisition du nouveau bâtiment, ce à quoi le maire a répondu : « si vous êtes une meilleure négociatrice que les gens de la Ville de Montréal, je vous suggère d’aller leur proposer vos services ».
Afin de justifier le montant alloué à ce projet, le magistrat a évoqué les rénovations qui devront y être faites.
« C’est clair que lorsque tu achètes une bâtisse, les normes du Code du bâtiment pour les lieux publics ne sont plus les mêmes. Il y a les normes d’accessibilité universelle. On ne construit pas un nouveau centre, il faut déménager une infrastructure existante qui regroupe près de 80 organismes communautaires. C’est notre devoir, à l’arrondissement, de donner les infrastructures qui répondent aux besoins de la population », a fait savoir M. Miranda, qui a assuré que les organismes communautaires, particulièrement ceux avec des besoins spéciaux, ont été rencontrés.
Mme Boulet a également demandé à ce que le plan d’aménagement du bâtiment soit rendu public.
« Connaissez-vous le plan d’aménagement de l’hôtel de ville ou du centre Roger-Rousseau? J’en doute. Je crois que l’on doit donner les infrastructures qui répondent aux besoins de la population. Qu’on fasse une classe là ou là, ce n’est pas ça qui va faire une différence », a répété le maire.
À qui appartient le bâtiment ?
M. Bennett, un autre citoyen, s’est adressé au maire pour lui demander qui était l’actuel propriétaire du bâtiment convoité. M. Miranda a alors avoué qu’il n’en savait rien. Réponse qui a causé de vives réactions de la part de la foule.
« Je n’ai pas à savoir ça. Si, comme élu, j’interviens d’une quelconque façon dans cet achat, je suis dans la merde. Les négociations ont été faites par la Direction avec la Ville de Montréal. Comme élu, je n’ai pas à m’ingérer pour savoir si ça appartient à untel. […] Lorsque tout ça a été négocié, je n’étais même pas au pays », informe le maire.
« Je trouve que M. Rioux, directeur de l’arrondissement, a le dos large. Si c’est lui qui décide, on aurait dû l’élire », s’est exclamé M. Bennett.
Après un échange musclé, M. Rioux a finalement fait savoir que le bâtiment situé au 7800, boulevard Métropolitain appartenait à Entreprises Fainman, sans toutefois dévoiler d’autres informations.
N’importe où sauf ici
Deux citoyens ont demandé, pour une énième fois, à l’administration locale de trouver un autre endroit où déménager les organismes communautaires. M. Bennett a proposé de construire un nouveau bâtiment au parc Talcy ou de répartir les organismes dans différents lieux, notamment le centre Roger-Rousseau et le sous-sol de la bibliothèque. Pour sa part, Yannick Lefebvre a suggéré de trouver un autre terrain plus petit, quitte a répartir les organismes sur plusieurs étages. Il a également évoqué des problèmes d’accessibilité, au 7800, du boulevard Métropolitain, par le réseau de transport en commun.
M. Miranda a répondu que la population désire conserver ses espaces verts. Pour ce qui est de répartir les organismes dans divers bâtiments, cela engendrerait des coûts supplémentaires à l’arrondissement, car il va falloir payer « trois concierges, trois loyers, etc. ». Finalement, le maire a annoncé « qu’il y a des choses qui sont en train de se faire par rapport au transport en commun ». Des pourparlers avec la Société de transport de Montréal sont en cours pour « ajouter un arrêt plus proche ainsi qu’un autre en direction ouest », a-t-il fait savoir.