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Aidants naturels: un appel à l’aide?

La maladie d’un proche peut parfois mener à l’isolement de l’aidant naturel qui se sent sans soutien dans cette épreuve. Le 5 septembre dernier, un septuagénaire de l’arrondissement d’Anjou a tenté de tuer son épouse avec motif, selon les enquêteurs pour mettre fin à ses souffrances. Un drame qui traduit le manque de ressources disponibles pour les proches aidants.

Vers 14 h 15, un homme de 78 ans qui réside sur l’avenue Goncourt a appelé les policiers pour les aviser qu’une personne blessée se trouvait dans son domicile. Sur les lieux, ceux-ci ont découvert une dame du même âge gravement blessée au haut du corps et à la tête.

Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), il s’agirait d’un crime de compassion. Devant la souffrance de sa femme, l’homme, sans histoire, aurait voulu la soulager en mettant fin à ses jours. La dame a été transportée à l’hôpital et est dans un état stable.

Un tel événement peut-il être considéré comme un appel à l’aide des aidants naturels? Pour la responsable des communications et de la défense des droits du Regroupement des aidantes et aidants naturel(le)s de Montréal (RAANM), Sylvie Riopel, ce drame est un signe de détresse. « C’est une porte d’entrée qui nous dit, à tous les intervenants psychosociaux, que, malheureusement, il n’existe pas d’évaluation psychosociale de l’état de la personne proche aidante. Si on utilisait une grille d’évaluation pour savoir où l’aidant naturel est rendu, il pourrait y avoir du dépistage et de la prévention pour éviter ce genre de situation », mentionne-t-elle.

Bien qu’il existe des centres de répits, ceux-ci n’offrent pas nécessairement de suivi ou d’encadrement au proche aidant. Ainsi, selon Mme Riopel, il serait important de s’assurer que durant ce moment de répit, l’aidant naturel puisse réellement en profiter.

« Durant le répit, y a-t-il une offre de service pour le proche aidant ? Non, ça n’arrive pas. Il faudrait savoir des choses parfois simples comme est-ce que la personne conduit, le transport en commun qu’elle utilise est-il fiable? Va-t-elle passer son temps de répit à attendre l’autobus? Il faudrait aussi savoir si la personne est isolée, aurait-elle besoin de rencontrer des gens pour parler, de faire des activités? », indique-t-elle.

Elle ajoute que ce manque d’encadrement pourrait s’expliquer par les coupures qui sont faites au niveau de certains services en santé. Mettre des évaluateurs et psychologues à la disposition des aidants naturels serait en quelque sorte avoir deux patients plutôt qu’un en matière de coûts.

Mme Riopel souligne le travail qu’offrent différents organismes au Québec, plus particulièrement à Montréal. Les aidants naturels peuvent notamment s’informer et se faire référer pour obtenir du soutien auprès du RAANM.

Au moment de mettre sous presse, le septuagénaire devait comparaître au palais de Justice de Montréal.

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