À l’aube de son départ – l’aventure se déroule du 7 au 21 novembre – la résidente de Mercier-Est est fébrile. Les derniers préparatifs sont entamés et elle a hâte au grand jour.
En novembre, la saison des pluies est pratiquement terminée en Tanzanie. Les conditions météorologiques ne devraient pas poser problème, mais les nuits sont froides. La température peut atteindre jusqu’à -20 degrés Celsius.
« Ce ne sera pas de tout repos, mais nous sommes préparés. Le groupe a participé à plusieurs randonnées et une belle chimie s’est installée entre nous. Nous nous sommes bien entraînés.
« Le manque d’oxygène en altitude est plus inquiétant, mais nous n’avons aucun contrôle là-dessus. Je me suis procuré des médicaments pour en atténuer les effets. Nous verrons sur place comment cela se passera », explique-t-elle.
L’enseignante préfère ne pas trop y penser, puisqu’elle sera entre bonnes mains. Le guide qui accompagnera les randonneurs en sera à sa vingtième ascension du Kilimandjaro.
De plus, le rythme ne sera pas exténuant. Les randonneurs prévoient compléter l’expédition en neuf jours.
« Parmi le groupe, il y aura des personnes non voyantes. On va respecter le rythme de tous les participants. Il ne s’agira pas d’une course contre la montre. On ne peut jamais prévoir comment cela se passera sur le terrain, mais l’objectif est que tous parviennent à compléter l’ascension », ajoute la sportive, qui a eu l’occasion de faire plusieurs randonnées, notamment au Maroc, dans les Rocheuses et dans les Pyrénées.
Un rêve qui se réalise
La randonneuse rêvait depuis cinq ans de prendre part à une telle expédition. Son conjoint a déjà vécu l’expérience et elle voulait que cette fois, ce soit son tour.
« Je connaissais des gens à l’intérieur du groupe. Le moment était donc tout désigné pour faire le saut. Le fait d’amasser des fonds pour la Fondation Mira était aussi une belle source de motivation, indique Mme Ricard. Ensemble, nous avons recueilli 300 000 $, ce qui permettra de fournir 10 chiens-guides à des personnes non voyantes. »
Pour atteindre l’objectif financier de départ, chaque randonneur devait participer aux activités de financement et apporter sa contribution. L’humoriste Mario Jean, qui fera partie de l’expédition, en était le président d’honneur.
« Pour participer au voyage, cela représentait une grosse somme, avoue Mme Ricard. Lors de la fête de la rentrée à Wilfrid-Pelletier, les parents et élèves ont été très généreux. En deux heures, nous avons amassé plus de 1600 $. J’ai aussi pu compter sur le soutien d’un précieux commanditaire, Arachides Dépôt, sans qui je n’aurais pu être de l’aventure. »
À son retour, l’enseignante partagera évidemment ses découvertes et souvenirs avec ses élèves.
« Depuis le début, ils font partie du projet. Nous avons abordé le sujet en classe à plusieurs reprises et Guillaume, un non-voyant qui fera partie du voyage, est venu les rencontrer et discuter avec eux. J’ai hâte de leur raconter mon expérience. »
Dans moins d’une semaine, parions que les élèves de Wilfrid-Pelletier auront une pensée bien spéciale pour leur enseignante et vice-versa.