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J'vous ai menti

J’avoue mon crime. Je me rends. Je m’incline. La culpabilité est trop lourde. Mes genoux ne peuvent la supporter. Ils flanchent, fléchissent, tombent contre le sol. Les mains vers le ciel, j’implore votre pardon. Les yeux dans les vôtres, j’offre ma vie, tel un vulgaire apôtre.

C’tu trop? J’avoue, parfois je peux être un brin over dramatic. Mais bon, jamais autant qu’un lofteur évincé : «Heï le gros! On s’appelle quand ça va être fini! Promis!! T’es mon frère! Je t’aime. J’t’oublierai jamais l’gros! M’entends-tu!? Jamais!!!» Bâtard! Ça fait une semaine que tu le connais! C’est pas parce qu’il a la même sorte de gel que toi que c’est ton frère! Scusez, je suis sensible. L’amour, c’est trop important pour dire je t’aime si facilement à quelqu’un. Surtout si ce quelqu’un n’existe pas.

De là ma culpabilité. La semaine dernière, je terminais ma chronique en avouant mon amour pour une certaine Jessica. Bon. Vous l’aurez compris, elle n’existe pas. Mon texte était sur la confiance puis, pour des raisons purement littéraires, terminer en avouant mon amour pour une fille était joli. J’ai choisi le spectacle au prix du mensonge. J’ai choisi Satan au prix de mon âme. Bon, j’suis reparti.

Tout allait bien. J’avais pris la décision de faire ce petit subterfuge et de vivre avec. Jusqu’à hier. Hier, une amie m’a demandé si c’était vrai. Si j’aimais une Jessica et avais eu le courage de l’écrire dans le journal. Devant son excitation, ses yeux brillants de merveilleux, j’ai craqué. J’ai répondu : «Non.» La déception a couvert son visage. Ce qui n’est pas mauvais. Puisqu’entre vous et moi, elle n’est pas très jolie.

Le mensonge est comme un coloc. Tu peux passer des années à pouvoir vivre avec sans problème. Puis un jour. C’est fini. T’es pu capable. Il prend trop de place. Il doit sortir. OK, dehors! J’avoue. Mon amie n’est pas moche du tout. Bon OK. Elle n’existe pas du tout. J’ai encore menti pour le gag, pour le show. Plus jamais de mensonges. Promis! Tant qu’à mettre des colocs dehors… Maman, je trippe pas tant que ça sur les bibelots. Nadine, je l’aime pas ton chocolat au bacon. À vous. Avouez un mensonge, donnez le journal à la personne en question. C’est sur mon bras.

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