La scène politique fédérale est à l’image de la température de l’été au Québec : il y a de l’instabilité dans l’air. Si les averses nous surprennent à toute heure du jour, on peut dire que la possibilité d’élections est aussi variable. Une journée, il y a apparence d’élections, et le lendemain, non. Pour les conservateurs de Stephen Harper, les derniers mois ont été davantage un parcours de montagnes russes qu’une balade à la campagne. C’est sûrement le propre de la politique, mais le contexte économique a accentué la chose.
Vu du Québec, le parti est au plus bas dans l’opinion publique. Ailleurs au pays, la réalité est tout autre. Dans un sondage de la firme Strategic Council publié au début du mois, les conservateurs avaient quatre points d’avance sur les libéraux sur le terrain stratégique de l’Ontario. Voilà de quoi refroidir les ardeurs électorales de Michael Ignatieff.
Le climat peut aussi être influencé par les joueurs en présence. Il faut rappeler que l’Ontario est dirigé par un gouvernement libéral ayant à sa tête le frère d’un élu influent à Ottawa. Les relations semblaient s’être réchauffées un peu avec le sauvetage dans le secteur de l’automobile et les investissements dans les infrastructures. Il semble que ce fut de courte durée. L’annonce de la vente de certains actifs de Nortel à la firme Ericsson a piqué Dalton McGuinty au vif. Il ne s’est pas gêné pour décrier l’approche du gouvernement conservateur en matière d’économie.
De son côté, le premier ministre du Québec n’est pas en reste. Jean Charest, celui-là même qui a dit et répété n’avoir de lien avec aucun parti fédéral, vient d’accepter la présidence d’un événement en l’honneur de Brian Mulroney. Si les organisateurs remportent leur pari, il pourrait à la fois redorer le blason de l’ex-premier ministre du Canada et combler le fossé qui s’est creusé entre les progressistes-conservateurs et l’actuel gouvernement. On est loin du but. La présence de Jean Charest et de l’ex-ministre conservateur Michael Wilson pourrait toutefois apaiser le climat qui s’est instauré depuis la commission Oliphant.
La sortie cette semaine du président de la Banque du Canada, Mark Carney, n’a rien pour stabiliser le baromètre électoral. Au contraire, si les résultats du prochain trimestre s’avèrent positifs, cela donnera bien des motifs de réflexion aux partis d’opposition.
Nébulosité croissante ou éclaircie? La météo politique est tellement changeante que nul ne peut prédire si les partis d’opposition décideront de plonger ou non le Canada en élections cet automne…