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Je vote pour l’action directe

Plus que quelques jours à cette campagne électorale qui n’a eu de promesses que les mêmes mensonges onctueux qui étaient racontés du temps où Janine Sutto a eu ses premières règles. Le plus grand drame de cette campagne est le manque d’imagination. Des partis politiques frileux devant les paradis fiscaux qui assassinent la justice sociale; devant les sables bitumineux qui mettent en péril la survie de l’espèce humaine et devant le néolibéralisme qui prend en otage notre culture. Mais tous nous parlent de «changement». Des petits changements. Du genre, distribuer des Diva Cup gratis aux écolos radicaux!

Et les «débats» des chefs? Quatre douchebags à cravate qui parlent en même temps des défauts des autres. C’est pas un débat, c’est un roast.

Après cette esbroufe électorale, force est de constater qu’aucun changement véritable ne se produira sans luttes citoyennes ni révoltes populaires. Dans notre système parlementaire actuel, le vote électoral n’est qu’un acrochordon sur le cul du pouvoir. Voter ne suffit pas!

Les différents pouvoirs nous diront : «Ne soyons pas cyniques!» Pourquoi? Au lieu de combattre ce qui cause le cynisme, ils se lancent dans une aventure de firme de relations publiques pour redorer une image. Bref, ils ne veulent pas changer le système qui nous rend cyniques, ils veulent juste changer la perception que nous avons du système. «MIRADOR!!!».

L’Institut du Nouveau Monde a tiré la sonnette d’alarme dans le but d’attirer l’attention sur l’abstentionnisme des jeunes Canadiens, qui a atteint des niveaux «dramatiques» : «On assiste en ce moment à notre suicide politique, a affirmé la conseillère stratégique à l’INM, Geneviève Baril, en interpellant la génération des 18-35 ans. Pourtant, à l’échelle du pays, nous représentons un peu plus de 8 millions d’électeurs, soit le tiers de l’électorat canadien. Imaginez si on allait tous voter.»

Imaginez quoi? Au lieu de se poser la question «pourquoi une jeunesse politisée ne vote-t-elle pas?», les bureaucrates vont investir plus d’argent dans une campagne publicitaire pour nous inciter à aller voter. Il faut remplir les quotas de votes pour justifier notre système électoral «démocratique». Mais cette jeunesse intelligente, on devrait l’écouter au lieu de se contenter d’essayer de la convaincre. Une démocratie en santé repose sur un peuple éclairé, avec des mouvements sociaux qui ont les moyens d’agir. Et pas uniquement sur un taux de participation élevé au scrutin.

Aucune recette miracle n’existe pour le «changement». Nous tous, citoyens et citoyennes, devrons nous cultiver, troquer l’individualisme pour la solidarité, assister aux réunions syndicales, nous joindre à des groupes de pression, attacher nos bottines pour descendre dans la rue et prendre conscience que ceux qui lancent des briques dans les vitres des banques ont plus à cœur nos intérêts que la banque en question. L’heure n’est plus seulement au vote; le temps est à la révolte populaire. Je vote pour l’action directe! Pour l’instant, cette mascarade démocratique sent aussi mauvais qu’une pisse aux asperges.

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