La plus grande partie de la collection du Musée d’art contemporain se trouve au sous-sol de l’établissement. Métro est allé fouiner dans les réserves et dans l’atelier de restauration du MAC.

Accès limité
Seulement 20 personnes ont accès à l’endroit. Après avoir placé sa carte magnétique sur le lecteur, qui tourne au vert, Anne-Marie Zeppetelli, gestionnaire des collections du MAC, me laisse entrer. Nous sommes au sous-sol de l’établissement, voisin de la Place des Arts.

Le MAC nous ouvre les portes de ses réserves. De très grandes portes! Même avec ses souliers à plateforme, Mme Zeppetelli – la sœur du directeur, John – n’arrive pas à la moitié des hauts panneaux. C’est que l’art contemporain est souvent un art hors normes. Les réserves doivent pouvoir recevoir toutes les installations, même les géantes.

Ici, on ne sent pas de changement de température. C’est plutôt le taux d’humidité qui importe pour la conservation des œuvres. Dans le sous-sol comme en salle d’exposition, on garde ce taux le plus près possible de 50%. Près de 8000 œu­vres se retrouvent sur 20 000 pi2. Un trésor sur lequel il est impossible de mettre un prix – qui comporterait sûrement beaucoup de zéros.

Des réserves pleines à craquer
La plus grande réserve du musée est chère à Anne-Marie Zeppetelli, qui la connaît de fond en comble. Des œuvres des photographes Geneviève Cadieux (photo ci-haut) – dont l’œuvre La Voix lactée couronne le MAC – ou Spencer Tunick en passant par la centaine de pièces de Paul-Émile-Borduas, la réserve est un musée en soi. Au centre de la pièce, des chariots contiennent aussi des tableaux. C’est que les réserves du musée débordent. Depuis 2004, le MAC songe à un réaménagement et un agrandissement. Les nouveaux plans devraient être dévoilés sous peu.

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Après le sinistre
En arrivant devant la porte de la petite réserve de papier, qui abrite, comme son nom l’indique, les œuvres sur papier, Anne-Marie Zeppetelli me fait remarquer les marques que l’eau a laissées sur les murs. En mai 2012, un bris de tuyau a inondé une bonne partie du sous-sol du MAC, touchant principalement la réserve de papier. Plus de trois ans plus tard, l’équipe travaille encore à traiter et à encadrer à nouveau les 700 œuvres qui ont été touchées. L’opération devrait se terminer en mars 2016, souligne Mme Zeppetelli, qui parle de l’événement avec difficulté.

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Donner une nouvelle vie aux œuvres
Bien qu’au sous-sol du MAC, l’atelier de restauration jouit d’un puits de lumière qui donne sur l’esplanade de la Place des Arts. La lumière naturelle est essentielle pour les deux techniciens qui retouchent les pièces endommagées par le temps. «Nous devons voir les œuvres sous toutes les lumières possibles – naturelle, néon, tungstène –, afin de ne pas avoir de surprise sur le lieu d’exposition», explique Serge Collin, technicien en arts appliqué.

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S’adapter à tout
Être restaurateur en art contemporain, c’est devoir s’adapter constamment. Lors de notre passage, Serge Collin venait de changer le moteur d’une œuvre mécanique de Roger Vilder, datant des années 1960. Dans une semaine, il peut retoucher la peinture d’un tableau comme retaper une œuvre numérique. Les restaurateurs travaillent en étroite collaboration avec l’artiste ou sa descendance avant de s’attaquer à son œuvre. Certains demandent qu’on utilise une technique plus ancienne, alors que d’autres acceptent qu’on s’adapte à un procédé moderne. En 25 ans de carrière, M. Collin a ainsi travaillé avec plusieurs matières que seul le mot contemporain peut faire rimer avec l’art. Le plus bizarre? Sans doute le sang contaminé au VIH et son anticoagulant dans une œuvre de Jana Sterbak, à qui on doit aussi la célèbre robe de viande.

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