Alors que s’amorcent quelques jours de canicule à Montréal, les citoyens les moins fortunés sont plus susceptibles de souffrir de la chaleur.

Environ 24% des locataires de logements montréalais sont insatisfaits de la température de leur domicile en été, comparativement à 5% des propriétaires, selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) publié il y a quelques jours. Par ailleurs, des données extraites par la direction de santé publique du Québec (DSP) indiquent que 68% des gens se trouvant dans la strate de revenus la plus haute possèdent une unité d’air climatisé, contre 47% des gens ayant les revenus les plus bas.

«Dans les quartiers centraux, où la température est plus élevée en raison de la densité de population et des îlots de chaleur et où la population a un état de santé plus à risque, c’est là que les locataires et personnes à faibles revenus ont le moins de chance d’avoir la climatisation à domicile», a soulevé le Dr David Kaiser, médecin spécialiste à la direction régionale de santé publique.

En effet, le territoire du CSSS Jeanne-Mance, situé dans Centre-Sud, est le plus faiblement doté de climatisation à domicile, avec un taux de 42%, contre 78% sur celui du CSSS de l’Ouest-de-l’île, d’après les chiffres de la DSP compilés de 2010 à 2014.

La chaleur humide peut causer des problèmes de santé, allant des maux de tête et de la fatigue généralisée jusqu’à la perte de conscience et au décès, en particulier pour les populations vulnérables comme les personnes âgées, ceux souffrant de maladies chroniques ou graves et les enfants. Le rapport de l’INSPQ rapporte d’ailleurs qu’au moins une personne est affectée physiquement ou psychologiquement par la chaleur dans 37,5% des ménages Montréalais.

«C’est vraiment problématique, a commenté Claire Laliberté, co-auteure du rapport. Il y a de plus en plus de vagues de chaleur, alors ça ne va pas s’améliorer.»

«C’est un problème pour les personnes âgées vivant dans la pauvreté, qui ne peuvent pas se payer l’installation et les coûts d’électricité liés à un climatiseur», croit pour sa part Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec.

L’air climatisé à domicile, sans être une panacée, est une bonne protection, rappelle Mme Laliberté, conseillère scientifique à l’INSPQ. Pourtant, ni la DSP, ni l’INSPQ n’ont l’intention de promouvoir des mesures pour améliorer l’accès à la climatisation, comme un programme de subventions. Ils misent plutôt sur des interventions environnementales comme le verdissement et les toits blancs, qui permettent de réduire la chaleur dans l’ensemble des quartiers, et sur la sensibilisation auprès des citoyens au sujet des précautions à prendre, comme de bien s’hydrater.

«On peut certainement sensibiliser les propriétaires pour qu’ils se préoccupent des personnes vulnérables qui occupent leurs logements», a aussi estimé le Dr Kaiser.

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