Josie Desmarais/Métro Mohamed Barry (à droite), membre du comité Guinéens pour un statut pour tous et toutes, et son avocat Stewart Istvanffy (au centre) dénoncent les déportations vers la Guinée où règne un climat sociopolitique instable.

Des Guinéens installés à Montréal somment le gouvernement d’arrêter les déportations vers leur pays d’origine et de leur accorder le statut de réfugié.

«Assez bons pour travailler. Assez bons pour rester», ont lancé mardi les membres du comité des Guinéens pour un statut pour tous et toute qui se sont réunis hier au Centre des travailleurs immigrants de Montréal pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la déportation des Guinéens.

D’après eux, les demandes d’asile de nombreux membres de la communauté guinéenne établis à Montréal ont été refusées en bloc. Les menaces de déportation, qui pourtant avaient été ralenties lors de l’épidémie d’Ebola de 2013 à 2016, sont en augmentation, ce qui coïnciderait avec l’entrée en vigueur de l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers entre le Canada et la Guinée, en mars dernier. Le comité demande ainsi d’arrêter les déportations vers la Guinée et de créer un statut de réfugié pour les Guinéens.

Mohamed Barry, membre du comité est un des Guinéens menacés de déportation. Au Canada depuis 6 ans, il craint de revenir dans son pays d’origine, comme beaucoup d’autres Guinéens.

«Depuis le massacre de civils par le gouvernement en 2009, peu de choses ont changé, rapporte-t-il. Un climat d’insécurité règne sur le pays. Les forces militaires et policières pratiquent notamment des arrestations totalement arbitraires.» Des faits confirmés par l’organisme non gouvernemental Human Rights Watch, qui note aussi le taux de chômage élevé dans ce pays au contexte sociopolitique très instable.

Stewart Istvanffy, avocat de M. Barry et de cinq autres Guinéens menacés de déportation, souligne l’absence de contrôle sur les violations des droits pendant le processus de déportation. «Il y a des cas où on va chercher la personne en début de semaine, où on l’enferme et où on la met dans l’avion à la fin de la semaine sans que cette personne ait eu accès à un recours légal, dit-il. Pourtant, on croyait que la situation allait s’améliorer avec les promesses de Justin Trudeau.»

Pour Monsieur Istvanffy, ces déportations sont de véritables injustices pour ces personnes travaillant au Canada et ayant tissé de véritables réseaux sociaux ici.

Le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de Citoyenneté Canada a répliqué que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié accorde une audience à tous les demandeurs d’asile, «peu importe [leur] pays d’origine». «Les décisions sont rendues en fonction du bien-fondé des faits particuliers présentés dans chaque cas, conformément aux lois canadiennes en matière d’immigration», a fait savoir le ministère. Celui-ci a ajouté qu’il existe des recours si la décision de la commission s’avère négative.

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