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TORONTO — Les consultations publiques visant à rédiger une toute première loi fédérale sur l’accessibilité pour les personnes handicapées ont surtout révélé des taux de chômage élevés, des édifices inaccessibles et des barrières dans les moyens de transport.

Ces priorités ressortent du rapport rendu public lundi par la ministre des Sports et des Personnes handicapées, Carla Qualtrough, après huit mois de consultations, 18 séances publiques, un forum des jeunes et neuf tables rondes thématiques, en plus d’un sondage en ligne. Selon le gouvernement, plus de 6000 personnes ont participé, d’une façon ou d’une autre, à ce processus, qui a aussi entendu les commentaires de 90 organismes.

Le rapport conclut aussi que les Canadiens qui vivent avec un handicap déplorent les lacunes dans la prestation de services et de programmes gouvernementaux, dans l’information et les communications, et dans l’approvisionnement de produits et services.

Les répondants préféreraient par ailleurs que le gouvernement fédéral crée une agence indépendante afin de veiller au respect de la nouvelle loi, qui pourrait être déposée aux Communes au début de 2018. À l’heure actuelle, les plaintes pour discrimination fondées sur le handicap ou la déficience sont référées aux commissions des droits de la personne provinciales ou fédérale, mais seulement si une infraction a été commise.

La ministre Qualtrough a indiqué lundi en entrevue que ces consultations l’aideront à rédiger le projet de loi, attendu depuis des années par les groupes de pression. Cette nouvelle loi s’appliquerait à tous les secteurs de réglementation fédérale, comme les banques, les communications et le transport interprovincial.

Selon le rapport, environ 14 pour cent des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont déclaré avoir une incapacité qui les limitait dans leurs activités quotidiennes, lors de l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2012. On estime par ailleurs que ce taux ira en augmentant à mesure que vieillit la population. Ces incapacités ne se limitent pas aux «handicaps visibles», comme la paralysie ou la cécité, mais incluent aussi les maladies mentales, les troubles d’apprentissage, et même des problèmes de santé épisodiques comme l’épilepsie.

On sait depuis longtemps que le taux de chômage chez les personnes handicapées est beaucoup plus élevé que dans la population en général. Statistique Canada indiquait il y a deux ans que le taux de placement des personnes handicapées atteignait 49 pour cent, comparativement à 79 pour cent dans la population en général.

Les groupes de pression espèrent que la nouvelle loi apportera des solutions concrètes à des problèmes bien réels vécus au quotidien. James Hicks, coordonnateur national au Conseil des Canadiens avec déficiences, admet que les consultations ont surtout permis de dresser un portrait des doléances, mais moins d’entendre des solutions. Il espère maintenant que le projet de loi ira plus loin que les simples voeux pieux.

M. Hicks cite ainsi la suggestion voulant que les provinces soient tenues de prendre en compte les enjeux touchant les personnes handicapées lorsqu’elles demandent des subventions fédérales. Il rappelle que déjà, toute proposition soumise actuellement au cabinet doit être accompagnée d’une analyse d’impact sur la situation des femmes.

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