OTTAWA — Les ministres de la Sécurité publique et de la Justice du «Groupe des cinq» s’engagent à explorer des façons d’échanger «plus rapidement» des renseignements détaillés sur la détection des terroristes étrangers et des combattants terroristes étrangers.

Ottawa était l’hôte depuis lundi de la rencontre des ministres de la Sécurité publique du Groupe des cinq, ainsi que de la réunion du Quintette des procureurs généraux de ces pays. Cette «communauté de la défense» est composée de l’Australie, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et du Canada.

Dans un communiqué commun, publié mercredi, les membres du Groupe des cinq indiquent que Daech (le groupe armé État islamique) et ses groupes affiliés continueront à attaquer des «cibles faciles dans l’espace public», comme l’ont rappelé encore récemment les attentats au Royaume-Uni et en Afghanistan. Afin d’aider à prévenir ces «complots sophistiqués», les ministres et les procureurs généraux ont convenu que les partenaires doivent à tout prix partager les renseignements «sur les acteurs criminels et terroristes connus».

Ces réunions ministérielles, tenues à huis clos, ont permis de discuter de migration, de lutte contre le terrorisme, de cybermenaces, de sélection des réfugiés et d’autres questions frontalières.

La réunion du Quintette des procureurs généraux a porté plus spécifiquement sur la surreprésentation des peuples autochtones au sein du système de justice pénale, et sur les questions transfrontalières relatives à la protection de la sécurité, des droits et des libertés.

«Tout au long de ces discussions, nous avons convenu que la confiance du public au sein même de nos pays respectifs est nécessaire pour aller de l’avant sur les questions de sécurité nationale, indique-t-on. Les protections améliorées et les efforts accrus pour promouvoir la transparence sont critiques à cet égard.»

Vie privée et antiterrorisme

Les ministres et les procureurs généraux ont par ailleurs noté que «le chiffrement peut grandement compromettre les efforts de sécurité publique en empêchant l’accès légal à la teneur des communications au cours des enquêtes sur les crimes graves, y compris le terrorisme».

«En réaction à ces enjeux, nous avons convenu que nos pays continueront de coopérer et de travailler avec les entreprises de communications et de technologie de l’information pour obtenir légalement les renseignements nécessaires pour protéger la sécurité nationale et la sécurité publique, tout en préservant la cybersécurité et les droits et libertés individuels.»

Les défenseurs des libertés civiles soutiennent que les citoyens honnêtes devraient pouvoir avoir des conversations privées sans craindre d’être espionnés par les autorités au nom de la lutte contre le terrorisme.

Les ministres ont par ailleurs convenu de soutenir un «nouveau forum de l’industrie» dirigé par Google, Facebook, Microsoft et Twitter. Ils veulent aussi:

— partager les «approches exemplaires» pour atténuer la menace posée par le retour des combattants terroristes étrangers et leurs proches;

— examiner le rôle des médias traditionnels et sociaux, ainsi que celui des «voix de la communauté», en ce qui a trait à la radicalisation des jeunes;

— partager leurs expériences sur la lutte contre la traite de personnes, et déterminer des possibilités d’opérations communes.

Le Groupe des cinq, créé après la Seconde Guerre mondiale, avait été renforcé au cours de la guerre froide. Il fait face depuis à des défis de son temps.

«Notre partenariat (…) est aujourd’hui plus pertinent que jamais alors que nous devons faire face aux menaces incessantes du terrorisme, de l’extrémisme violent, des cyberattaques et de l’instabilité internationale, tout en conservant notre profond attachement aux valeurs communes de la démocratie, des droits de l’homme et de la primauté du droit», lit-on dans le communiqué commun.

La première réunion ministérielle du Groupe des cinq a eu lieu en 2013; le Quintette des procureurs généraux se rencontre quant à lui chaque année depuis 2009.

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