Ryan Remiorz

Alors que d’ici la Suède est souvent vue comme un modèle, c’est un hôpital du Québec qui pourrait inspirer les Suédois: un groupe de 80 ingénieurs sont venus lundi visiter le nouveau CHUM et ses innovations technologiques, comme un système sophistiqué de véhicules autoguidés effectuant le transport d’une foule de choses allant des médicaments aux draps d’hôpitaux.

L’imposante délégation s’est promenée dans les corridors des nombreux bâtiments du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), situé au centre-ville de la métropole.

Les visiteurs travaillent tous chez Incoord, une firme de génie suédoise de plus de 100 ingénieurs, spécialisés notamment dans les systèmes de ventilation, d’isolation, de systèmes d’opération et de plomberie, et qui oeuvrent entre autres dans les hôpitaux.

Enthousiastes, les ingénieurs photographiaient tout sur leur passage et posaient moult questions.

Si des éléments rapportés dans les médias lors de la construction du CHUM — comme des moisissures peu après la livraison du projet et des stationnements trop peu nombreux et fort dispendieux — ont fait réagir ici, l’hôpital a la cote à l’étranger: ce n’est pas la première délégation internationale à venir examiner le nouvel hôpital. Et d’autres suivront, a soutenu Jacques Morency, le directeur de projet associé pour la construction du nouveau CHUM.

Il n’est pas surpris car le CHUM est aujourd’hui considéré comme l’hôpital le plus moderne de la planète, dit-il.

«Un peu tout le monde veut le voir. Parce que c’est le dernier-né, où on a intégré toutes les dernières technologies.» Des gens sont venus d’Asie et d’Australie le voir et d’autres délégations internationales sont attendues, indique-t-il.

Selon lui, les visiteurs de l’étranger sont particulièrement intéressés par le circuit de véhicules autoguidés et par le système opérationnel des bâtiments, c’est-à-dire le cerveau de l’affaire, qui gère et règle tout. Un système d’immotique visant l’ensemble des systèmes automatiques, notamment le chauffage et l’éclairage. «Tous les systèmes de bâtiments sont intégrés et on ne voit pas ça souvent», soutient le responsable.

Un projet très urbain, tout en hauteur, dont la taille a marqué Tore Strandgard, le président d’Incoord. «Je n’ai jamais vu d’hôpital si grand», a-t-il lancé d’emblée.

Car aucun centre hospitalier de cette taille n’existe en Suède, un pays dont la population est plutôt similaire à celle du Québec. Il y a environ 10 millions de Suédois pour un peu plus de huit millions d’habitants au Québec.

Si des équipes de sa firme de génie se sont rendues dans d’autres pays comme le Japon et l’Afrique du Sud pour y voir leurs nouveautés, le CHUM est le premier hôpital qu’ils ont visité à l’extérieur de chez eux.

M. Strandgard était particulièrement intéressé par la conception du système de ventilation et des unités d’alimentation électrique. Son voyage au Québec pour voir le CHUM a été «au-delà de ses attentes».

S’il a été impressionné par des innovations technologiques en place, il croit que la Suède est rendue plus loin en termes d’efficacité énergétique et de consommation réduite d’énergie par les bâtiments, des réalisations motivées par les lois environnementales sévères de son pays.

Le CHUM en trois innovations

Robots de transport
L’hôpital peut compter sur une flotte de 70 véhicules autoguidés, des espèces de chariots plats qui peuvent transporter différents types de contenants — et faire quelques centaines de voyages par jour. Au total, ils assurent quotidiennement plus de 3500 déplacements de matériel, sur un circuit dédié de 9 kilomètres.

Mais surtout, ils le font d’eux-mêmes: ils vont chercher des contenants ou des bacs remplis de plateaux-repas vides, de déchets chimiques, de draps et de jaquettes utilisés, et les apportent à bon port. Ou vont les conduire dans une espèce de «lave-auto» pour chariots. Puis, le moment venu, les véhicules autoguidés vont par eux-mêmes se brancher dans des bornes de charge.

Une salle leur est dédiée sur chaque étage et ils ont leur propre série d’ascenseurs: ils fonctionnent en coulisses ne sont donc pas vus des patients.

Mais si l’un d’entre eux rencontre un humain sur son passage, il l’avertit «verbalement» en lui lançant: «svp, libérez la voie».

Ainsi, le personnel peut être affecté à d’autres tâches, «plutôt que de pousser des chariots toute la journée», a-t-on fait valoir.

Système de ventilation
Ni visible par les patients, ni excitant pour l’imagination, le système de ventilation est pourtant crucial, notamment pour éviter la propagation des infections par les conduits. Celui du CHUM permet d’offrir un environnement composé de «100 pour cent d’air neuf», clame l’hôpital montréalais.

Il serait le seul du genre en Amérique du Nord, grâce à ses 41 centrales de traitement d’air uniques, qui assurent le renouvellement de l’air en continu.

Le système permet de garder des pièces en «pression négative». L’air reste à l’intérieur et, dans le cas d’un patient atteint d’une maladie infectieuse, cela empêche la contamination des autres pièces. D’autres pièces sont plutôt gardées en pression positive et l’air y circule. Un seul appel téléphonique est nécessaire pour qu’une pièce passe d’une sorte de pression à l’autre, un mécanisme efficace qui a impressionné les Suédois.

Un système de réapprovisionnement par puce
Fini le temps passé à faire un inventaire ou à courir après des fournitures médicales. Le CHUM a mis en place un nouveau système de réapprovisionnement automatique. Lorsqu’un compartiment de l’armoire est vide, il s’agit de prendre l’étiquette de produit et de la placer sur le tableau de contrôle: la puce de radio-identification dans l’étiquette du produit envoie un signal, qui passe la commande.

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