EDMONTON – Shell Canada utilise les nouvelles règles fédérales sur les évaluations environnementales pour tenter d’empêcher Greenpeace d’assister aux audiences concernant le projet de la mine de sables bitumineux Jackpine, en Alberta.

Dans une lettre adressée à l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, les avocats de Shell plaident que Greenpeace et deux professeurs d’université ne disposent désormais plus du droit d’intervenants, en vertu des nouvelles règles contenues dans la loi omnibus des conservateurs de Stephen Harper — la «loi mammouth» adoptée en bloc le printemps dernier.

Ces nouvelles normes limitent la présence des intervenants à ceux qui sont directement touchés par un projet, ou qui disposent d’informations ou d’une expertise utiles pour l’audience. Selon les avocats de Shell, cette définition exclut désormais des intervenants qui avaient annoncé leur présence aux audiences, qui doivent débuter le 29 octobre.

La lettre de Shell cible spécifiquement le responsable de Greenpeace Keith Stewart, qui prévoyait déposer un rapport intitulé «Harper’s Shell Game: Why Tar Sands Pipelines Are Not in the National Interest».

Toujours dans sa missive à l’Agence, Shell explique que l’exclusion de certaines personnes est nécessaire pour permettre aux audiences de se «concentrer» sur l’objet de l’étude: le projet de mine de sables bitumineux.

La pétrolière souligne également que 18 000 pages d’informations ont déjà été remises à l’Agence canadienne d’évaluation environnementale.

Aux dires de M. Stewart, cette lettre démontre bien que les conservateurs tentent de limiter les débats concernant les projets d’exploitation des ressources naturelles.

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