MONTRÉAL – Via Rail annoncera d’ici un mois les réductions de service qui découleront des compressions budgétaires récemment décrétées par le gouvernement conservateur.

C’est ce qu’a indiqué mardi le président et chef de la direction de la société d’État, Marc Laliberté, à l’issue d’un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Sans trop vouloir s’avancer sur les services qui écoperont, le dirigeant a indiqué que ceux pour lesquels la demande est plus faible étaient plus vulnérables. Des employés pourraient aussi perdre leurs postes.

«S’il n’y a pas de demande et que l’offre est trop grande par rapport à la demande, on va l’ajuster», a déclaré M. Laliberté. Selon lui, les clients ne se rendront pas trop compte des compressions.

«La première chose que j’essaie de faire, c’est d’améliorer le service, pas de le détériorer, mais il faut offrir un service qui intéresse les gens et pour lequel ils sont prêts à payer», a-t-il précisé.

Dans son budget du mois dernier, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a imposé à Via des compressions de 6,5 millions $ cette année, de 15,1 millions $ en 2013-14 et de 19,6 millions $ en 2014-15.

Marc Laliberté a soutenu mardi que Via avait commencé à se serrer la ceinture en réduisant son déficit au cours des dernières années.

«En 2010, en excluant les coûts du régime de retraite, le déficit d’exploitation a été réduit de 9 millions $ par rapport à 2009, a-t-il dit. Et pour 2011, les résultats financiers non vérifiés laissent entrevoir une réduction encore plus importante par rapport à 2010. Sur deux ans, on peut prévoir que Via aura réduit son déficit d’exploitation de près de 30 millions $.»

Il reste qu’en incluant le régime de retraite, la perte d’exploitation a augmenté entre 2009 et 2010, de sorte qu’Ottawa a dû faire passer sa subvention à Via Rail de 226,3 millions $ à 261,5 millions $ en 2010. Les résultats de 2011 seront publiés au cours des prochaines semaines.

Malgré les compressions, le gouvernement versera cette année à Via une somme spéciale de 60 millions $ pour financer des investissements en immobilisations (signalisation, voies ferrées, gares et systèmes informatiques).

«On aimerait que ça devienne récurrent», a glissé M. Laliberté.

Modernisation retardée

Le pdg a par ailleurs indiqué mardi que Via examinait actuellement différentes possibilités à la suite de l’annulation de la portion restante d’un contrat de 109 millions $ visant à moderniser des voitures circulant dans le corridor Québec-Windsor. L’entreprise de Moncton qui avait obtenu le contrat, Industrial Rail Services, s’est récemment placée à l’abri de ses créanciers.

La modernisation des voitures accuse actuellement un retard de six mois, mais celui-ci risque de s’étirer dans l’attente d’une solution.

«Les voitures ne sont pas bonifiées aussi rapidement qu’on aimerait, alors les clients ne profitent pas des avantages qu’on veut leur offrir le plus vite possible», a reconnu Marc Laliberté.

La remise à neuf de ces voitures s’inscrit dans le cadre de la «transformation» d’un milliard de dollars amorcée en 2007. Ces investissements ont notamment permis de réduire la durée de certains trajets Montréal-Québec et Ottawa-Toronto.

D’autre part, M. Laliberté n’a pas voulu commenter les informations selon lesquelles le gouvernement songerait à demander à Via Rail d’abandonner sa liaison Toronto-Jasper-Vancouver. Quelque 25 millions $ ont récemment été investis pour la modernisation des voitures de ce trajet, ce qui a suscité l’ire d’un concurrent privé, Rocky Mountaineer Tours.

En revanche, aucune menace ne planerait sur les liaisons déficitaires comme Montréal-Senneterre et Winnipeg-Churchill, qu’Ottawa tient à maintenir.

Enfin, Via Rail dévoilera sous peu une entente récemment conclue avec Transat (TSX:TRZ.B) qui permettra aux voyageurs de réserver en même temps des billets de train et d’avion.

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