Archives Métro Hydro-Québec souhaite remplacer ses vieux compteurs par des compteurs intelligents.

Un groupe de scientifiques et d’ingénieurs préoccupés par la perception des dangers des ondes électromagnétiques pour la santé a élevé la voix, lundi, pour réclamer un débat responsable et éduqué sur l’enjeu des compteurs intelligents que compte installer Hydro-Québec.

Dans une lettre ouverte, initiée par Thomas Gervais, chargé d’enseignement à Polytechnique et journaliste scientifique, et cosignée par une soixantaine de professeurs issus de six universités québécoises, les scientifiques ont déploré que les «véritables enjeux concernant l’utilisation des systèmes de communication radiofréquences soient occultés par l’unique question des soi-disant effets de ces ondes sur la santé».

Selon le groupe de scientifiques et d’ingénieurs, les craintes que suscitent les compteurs intelligents et autres appareils utilisant des fréquences comprises entre 3 kHz et 300 GHz sont dues à une méconnaissance de la nature de ces ondes et de l’interaction avec le corps humain.

«Les milliers d’études réalisées, tant épidémiologiques qu’expérimentales chez l’humain, ne montrent pas de hausse des cas de cancer à la suite d’exposition aux radiofréquences de faibles intensités, c’est-à-dire d’intensités égales ou inférieures à celle émises par les téléphones cellulaires [NDLR: dont la bande de fréquences standard oscille entre 900 MHz et 1800 MHz], peut-on lire dans le document signé par les professeurs. Quelques études ponctuelles révélant un lien direct entre radiofréquences et santé ont été publiées, mais elles sont sévèrement critiquées par la communauté scientifique et n’ont pas encore été répliquées de manière indépendante.»

Le groupe estime qu’un moratoire et une commission publique dominée par la question des effets des radiofréquences sur la santé ne permettrait pas d’arriver à une autre conclusion que celle voulant qu’il n’existe pas de lien clair entre l’exposition à des radiofréquences en deça des normes prescrites et des problèmes de santé.

Les scientifiques et les ingénieurs signataires de la lettre ouverte souhaitent que le débat sur les compteurs intelligents soit réaligné sur les «enjeux réels de leur installation». Ils estiment que les Québécois devraient davantage se questionner sur la nature économique, politique et technique du projet.

Il importe ainsi, selon eux, de déterminer la rentabilité des nouveaux compteurs, de convaincre la population que l’installation des compteurs intelligents ne se traduira pas par une hausse du prix de l’électricité et de s’assurer de la qualité et de la durabilité des installations.

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