Graham Hughes Gilles Duceppe, Mario Beaulieu,. Graham Hughes / La Presse Canadienne

OTTAWA – En plein été et au coeur d’un long week-end de congé au Canada anglais, Stephen Harper a déclenché, dimanche matin, la plus longue campagne électorale de l’histoire moderne du Canada.

À 11 semaines, la campagne fédérale sera deux fois plus longue et probablement deux fois plus chère que la dernière, en 2011.

En sortant de chez le gouverneur général à qui il venait de demander de dissoudre le Parlement, le chef conservateur a tenté de justifier son choix d’une campagne de 78 jours.

«Les autres partis ont déjà commencé leur campagne (…) C’est essentiel que nous utilisions nos propres fonds (…), pas des fonds parlementaires, pas des fonds gouvernementaux mais des fonds des partis eux-mêmes», a-t-il répondu à répétition aux cinq journalistes qui ont eu le droit de lui poser des questions.

Il a même prétendu qu’ainsi, ce seront les partis politiques et non pas les contribuables qui paieront.

«M. Harper nous a menti carrément. Il va se faire rembourser 50 pour cent de ses dépenses», a accusé le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, en lançant sa campagne à Montréal.

D’ici le vote du 19 octobre, chaque parti politique aura le droit de dépenser 675 000$ par jour, chaque candidat 2 700$ par jour. Environ la moitié de cette somme sera remboursée aux partis et aux candidats par les contribuables canadiens, une fois l’exercice électoral clos.

«Je dis à Stephen Harper: « vous devriez avoir honte! », s’est exclamée, à Victoria, la leader du Parti vert du Canada, Elizabeth May. Cela coûte aux contribuables des dizaines de millions de dollars de plus. Peut-être est-ce une mesure originale pour stimuler l’économie.»

Parler économie

Parce que l’économie du pays est un enjeu majeur de l’élection de 2015. Mais tous les partis n’en font pas la même description.

«Il a eu huit déficits de suite et a ajouté plus de 150 milliards $ à la dette», a dit Thomas Mulcair de M. Harper.

Le chef néo-démocrate soulignait le lancement de la campagne électorale derrière le Musée de l’histoire, à Gatineau, le parlement lui servant de décor, de l’autre côté de la Rivière des Outaouais.

«Les Canadiens méritent un premier ministre qui a l’expérience et le leadership nécessaires pour réparer les dommages causés par Stephen Harper», a-t-il ajouté, écorchant subtilement au passage son rival libéral.

Justin Trudeau, qui lançait sa campagne à Vancouver, a lui aussi tenté de faire d’une pierre deux coups. «Vous ne voulez pas remplacer un plan raté par un mirage. (…) Le plan de M. Harper a échoué et le plan de M. Mulcair n’est qu’un mirage», a-t-il dit, entouré de ses candidats de Colombie britannique.

Quelques heures plus tôt, M. Harper se dépeignait comme la voix de la prudence et de l’expérience, en dénigrant ses adversaires. «Les Canadiennes et les Canadiens vont faire un choix sérieux entre une expérience concrète qui a fait ses preuves et une approche dangereuse qui a déjà échoué et qui échoue dans d’autres pays.»

Faisant fi des plus récents chiffres, le chef conservateur a maintenu que son budget est équilibré.

M. Harper a cherché à dresser le même autoportrait sur la question de la sécurité, se présentant comme le seul capable de protéger le Canada contre la menace terroriste.

Les enjeux québécois

De son côté, le chef bloquiste tente de se présenter comme le seul capable de défendre les intérêts du Québec. «On doit protéger notre territoire contre le projet d’oléoduc de pétrole bitumineux», a-t-il dit, faisant référence au pipeline Énergie Est, le projet de TransCanada.

«Eux pensent que ça doit se décider à Ottawa et à Calgary. Moi je pense que c’est au Québec que ça doit se décider», a-t-il insisté.

À l’autre bout du pays, la leader du Parti vert vantait ses candidats québécois Daniel Green et JiCi Lauzon. «Nous serons le mur vert qui protègera le fleuve et le golfe du Saint Laurent», a dit Mme May, se présentant comme seul parti national opposé au transport de pétrole brut à travers le territoire québécois.

L’autre enjeu québécois qui aurait pu faire la différence dans cette campagne vient de se mettre en sourdine. Les négociations du Partenariat transpacifique, traité de libre-échange par lequel Ottawa aurait pu sacrifier la gestion de l’offre, n’ont pas abouti et risquent de rester sur la glace pendant les 11 prochaines semaines.

Aux urnes, le 19 octobre

Le 19 octobre, les Canadiens éliront 338 députés fédéraux. C’est 30 de plus qu’en 2011, la carte électorale ayant été redessinée. Au Québec, ce sera 78 circonscriptions plutôt que 75.

A la dissolution de la Chambre, les conservateurs comptaient 159 députés, le NPD, 95, le Parti libéral 36, le Bloc québécois 2, les Verts 2, Forces et Démocratie 2. Il y avait aussi 8 indépendants et 4 sièges vacants.

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