Le débat autour du salaire minimum à 15$ est relancé depuis que les villes de Seattle et de San Francisco l’ont adopté et que la première ministre de l’Alberta y songe. La semaine dernière, des groupes syndicaux ont manifesté en faveur d’une telle mesure au Québec. Voici trois visions économiques sur cette question.

Freiner le salaire minimum
Certains économistes clament qu’un salaire minimum trop élevé est un frein à l’emploi, car il fait augmenter les coûts de la main-d’œuvre. Les entreprises sont alors tentées de mettre à pied du personnel, d’augmenter les prix de leurs produits ou de délocaliser la production. Ils clament notamment que, si le salaire horaire minimum dépasse le seuil de 47% du salaire horaire moyen (ce qui est le cas actuellement au Québec avec un salaire minimum à 10,55$ l’heure), les inconvénients économiques excèdent les bénéfices. «Un salaire minimum élevé ne réduit pas la pauvreté de façon durable, il ne fait que la masquer pendant un certain temps pour les chanceux qui ont un travail, au prix d’un taux de chômage plus élevé pour tout le reste de la société», résume Mathieu Bédard, économiste à l’Institut économique de Montréal.

Salaire minimum à 15$
Pour évaluer quel serait le salaire viable pour vivre dignement à Montréal, deux chercheurs de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques ont évalué les revenus et les besoins de trois types de ménages: une personne seule, une mère monoparentale et un couple avec deux enfants. «Dans tous les cas de figure, il est question de survie et rien de plus […] Cela plonge les employés au salaire minimum dans le cercle vicieux de l’endettement et des banques alimentaires», écrivent Philippe Hurteau et Minh Nguyen. D’après leurs calculs, l’accès au panier de consommation moyen pour vivre dignement et pouvoir améliorer son sort passe par un salaire horaire variant entre 13,44$ l’heure (personne monoparentale) et 15,38$ l’heure (personne seule).

Revenu minimum garanti
Chaque citoyen recevrait un revenu minimum sans obligation de travailler. L’organisme Revenu de base Québec le fixerait à 800$ par mois. «C’est un chiffre à la fois raisonnable pour les finances publiques et suffisant pour réduire la pauvreté», lance Jonathan Brun, cofondateur de l’organisme. Cette mesure, coûteuse au départ, permettrait de supprimer plusieurs autres programmes, dont l’aide sociale, l’assurance emploi et les bourses pour les étudiants qui coûtent cher à administrer. «En réduisant la pauvreté, le programme génèrerait aussi des économies en santé. En Ontario, plus de 200 médecins viennent de signer une lettre ouverte en faveur de cette mesure», ajoute M. Brun, qui croit que ce revenu pourrait être complémentaire à un salaire minimum à 15$.

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