OTTAWA – Le ministre fédéral de l’Infrastructure, Amerjeet Sohi, ne veut pas «perdre une autre saison de la construction» et espère rapidement signer des ententes pour déployer la phase un de son plan.

Le gouvernement a confirmé mardi dans son budget inaugural qu’il ferait passer de 33 à 50 pour cent sa contribution pour le financement des projets d’infrastructure.

Le modèle précédent prévoyait que les trois paliers de gouvernements — municipalités, provinces et gouvernement fédéral — épongeaient chacun un tiers des coûts.

Lors d’une rencontre à Ottawa avec le ministre Sohi, en février dernier, les maires des grandes villes canadiennes avaient plaidé que cette formule n’était pas adaptée à l’ampleur des défis auxquels leurs municipalités sont confrontées.

Maintenant que le fédéral a dévoilé la hauteur de sa contribution, il reste à déterminer comment les provinces et les municipalités se partageront le reste de la facture, a indiqué M. Sohi en mêlée de presse dans le foyer des Communes, mercredi.

«Nous allons signer des ententes bilatérales avec chaque province et territoire afin de permettre aux municipalités et communautés de recevoir le financement», a-t-il expliqué, assurant que le fédéral serait «flexible».

Mais chose certaine, il faut bouger rapidement, a insisté le ministre Sohi: «Je ne veux pas perdre une autre saison de la construction, nous avons perdu les deux dernières saisons».

En attendant cet argent neuf, les municipalités québécoises ne veulent surtout pas perdre les 109 millions $ prévus pour le Québec par le Fonds Chantiers Canada de 2007. Ces sommes qui dorment dans les coffres du fédéral doivent être allouées d’ici le 31 mars.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, et son homologue de Québec, Régis Labeaume, ont témoigné mercredi de leur impatience de voir les projets enfin débloquer.

«On a besoin d’avoir les coudées franches, et les choses doivent se faire rapidement. Correctement, mais rapidement», a dit M. Coderre.

«On a une inquiétude et on a besoin que le gouvernement du Québec nous rassure», a quant à lui fait valoir M. Labeaume, formulant le souhait que «les projets vont être décidés rapidement parce que nous, on est prêts».

Le gouvernement du Québec doit s’entendre avec le gouvernement fédéral sur la liste de projets à financer avant la date butoir du 31 mars sous peine de voir Ottawa négocier avec les villes concernées en leur versant directement l’argent promis.

En début de journée, le ministre Sohi a d’ailleurs indiqué que «ces fonds (731 millions $ à l’échelle du Canada), s’ils ne sont pas alloués, seront transférés aux municipalités rapidement».

Quelques heures plus tard, sa directrice des communications, Kate Monfette, a semblé vouloir calmer le jeu, signalant que «des projets vont commencer à débouler».

«On a été en contact avec Québec au sujet de ces fonds-là depuis un petit bout de temps, et les choses vont bon train», a-t-elle expliqué.

Même son de cloche du côté du président du Conseil du trésor à Québec, Sam Hamad. Son attachée de presse, Cynthia Saint-Hilaire, n’a même pas voulu envisager un scénario dans lequel Québec et Ottawa ne s’entendraient pas.

«Moi, l’échéance du 31 mars, là, écoutez, ce que je vous dis, c’est que ça va bien. Il n’y a pas de chicane. (…) On en est à discuter quels seront les projets admissibles, et il y a des projets», a-t-elle dit en entrevue téléphonique.

La possibilité qu’Ottawa puisse contourner le gouvernement du Québec pour ces transferts a vivement fait réagir l’opposition péquiste.

Il s’agirait là d’un accroc au partage des compétences prévu dans la Constitution canadienne, a soutenu le député Stéphane Bergeron.

Son collègue Nicolas Marceau a demandé au gouvernement de Philippe Couillard de se doter d’une «colonne vertébrale» et d’exiger un «transfert en bloc sans conditions et sans exceptions» des fonds prévus.

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