Daphné Caron/Urbania Nicolas Hamel

Pour qu’Urbania parle d’un vendeur de lunettes, faut vraiment qu’il soit spécial. On pensait que la boutique Les Montures vendait uniquement de vieilles lunettes, mais c’est plus compliqué que ça.

Comment as-tu découvert les lunettes vintage?
Je me cherchais des lunettes, parce que je ne peux plus porter de lentilles, mais mon optométriste n’avait que des petites lunettes. Quand je lui ai montré dans les magazines le look que je cherchais, elle a ressorti de vieilles boîtes de lunettes qu’elle n’avait pas vendues dans les années 1970-1980.

C’est comme ça que tu t’es procuré toutes les lunettes qu’il y a ici?
Non. J’ai demandé à quelques optométristes de me vendre leur vieux stock, mais plusieurs s’en étaient déjà débarrassés. Je me suis mis à en acheter compulsivement sur l’internet. J’en avais accumulé 6 000 paires quand ma blonde m’a demandé : «Qu’est-ce qu’on fait avec ça?» Ça tombait bien, j’avais toujours voulu avoir une boutique.

Donc, vous ne vendez pas de stock usagé?
Non. Ici, ce n’est pas comme une friperie. Nous vendons de vieux modèles, mais qui n’ont jamais été portés. Nous ne vendons pas non plus de lunettes récentes qui reproduisent un style vintage.

Vos plus vieux modèles datent de quelle année?
Ça va des années 1920 aux années 1990, et bientôt 1995. Le vintage, c’est 20 ans.

Quels sont vos critères de sélection?
J’ai acheté plusieurs fonds de collections de différentes années, comme une sélection de lunettes américaines des années 1960, pour faire une sorte de collection Mad Men, et toute une sélection de lunettes Alpina pour l’hiver par exemple.

Pour avoir de la valeur, une lunette vintage doit-elle être celle d’une marque?
Pour les collectionneurs, oui, mais je me suis rendu compte que, pour ma clientèle, pas nécessairement. Mes clients cherchent surtout des modèles uniques. D’ailleurs, je suis content de voir que les gens sont de moins en moins conservateurs. Ici, on les pousse à être audacieux. Tout le monde a des Ray-Ban.

Mais vous êtes dans le Mile-End. Ce n’est quand même pas étonnant que vous attiriez une clientèle branchée.
En fait, on a plein de madames de Westmount. J’hésitais entre le Vieux-Montréal et le Mile-End, mais le Mile-End, ça me permet d’être plus fucké.

Et qu’est-ce que tu vas faire si la mode vintage passe?
J’ai un plan, mais je le garde pour moi!

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