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Oscars 2017: Le combat des films

Photo: Getty Images

Qui repartira avec l’Oscar du meilleur film, ultime récompense qui sera remise ce dimanche au Dolby Theater de Los Angeles? On l’ignore encore mais, pour chacun des neuf longs métrages en nomination, un journaliste de Métro vous explique pourquoi c’est CELUI-LÀ et pas un autre qui devrait remporter le prix le plus prestigieux de la soirée californienne. Tantôt avec passion, parfois avec un peu… beaucoup de mauvaise foi. Voyons qui saura vous convaincre… et quel film remportera les faveurs de l’Académie.

Arrival

arrival

Quiconque défend un autre titre qu’Arrival pour remporter l’Oscar du meilleur film n’a peut-être tout simplement pas l’envergure intellectuelle requise pour saisir chaque niveau de sens du long métrage de Denis Villeneuve. Derrière cette histoire de contact avec les extraterrestres, le film nous force à interroger notre rapport à la langue, à la connaissance et au temps, des choses pas mal plus sérieuses que de regarder des nobody pleurer sur le bord de l’eau ou des étourdis danser à tout propos. Pas convaincus? Dites-vous alors que c’est le seul film en lice à NOUS représenter: un réalisateur québécois, des scènes de science-fiction tournées dans le bas du fleuve, Amy Adams à l’Université de Montréal… Le cœur de votre patriote intérieur ne palpite-t-il pas? Le mien, si. (Maxime Huard)

Fences

Fences

Soyons réalistes, Fences ne remportera pas l’Oscar, faute de visibilité. Mais Denzel Washington pourrait réclamer en toute justice la palme du Meilleur acteur, n’en déplaise aux fans de Casey Affleck. Reléguée dans l’ombre des grosses productions hollywoodiennes, cette adaptation d’une pièce de théâtre sert à merveille une distribution remarquable. Aux côtés de Washington, qui parvient à rendre aimable son rôle de patriarche tyrannique, Viola Davis (nommée comme Meilleure actrice de soutien) interprète avec brio une épouse ravagée par les écarts de conduite de son mari. Jovan Adepo est également excellent dans le rôle du fils qui tente de tenir tête à un père prêt à détruire toutes ses aspirations par orgueil. Campé dans le Pittsburgh afro-américain des années 1950, Fences est un film dur sur la difficulté d’aimer et les blessures qui ne guérissent jamais. Son visionnement ne vous laissera pas indemne, mais vous serez content d’être passé au travers (et de ne pas avoir un père aussi horrible). (Benoit Valois-Nadeau)

Hacksaw Ridge

hacksaw ridge

Tassez-vous tous. Ce film n’est pas inspiré d’une histoire vraie. Ce film EST une histoire vraie. Et ce ne sont pas les livres, ou Wikipédia, qui le disent, c’est Mel Gibson. Mel le mal engueulé, Mel le limite dans ses propos, Mel le rejeté, Mel le repenti – ou du moins Mel qui essaie très fort de l’être. Mais mettons une seconde de côté les controverses apocalyptiques dans lesquelles le réalisateur s’est mis le pied et la bouche post-Apocalypto et avouons, avouez : M.G. a fait une job franchement pas mal avec Hacksaw Ridge. Les scènes de la bataille d’Okinawa sont chorégraphiées avec précision. Rien n’est laissé à l’imagination. C’est grand, c’est violent, c’est prenant. C’est clairement le choix de l’Académie. Histoire vraie. (Pardon de te contredire, La La Land.) (Natalia Wysocka)

Hell or High Water

hell or high water

Jeff Bridges qui marmonne dans son plus glorieux accent texan, avouez que c’est pas mal mieux que le millionième film sur la Deuxième Guerre mondiale, que deux pétards hollywoodiens qui chantent sur une colline ou que Casey Affleck qui fait une face triste pendant deux heures. (Non, pas de blague sur Arrival. Max, ton appel au patriotisme est venu me chercher.) En plus de Bridges, il y a Ben Foster et Chris Pine, dont le plan pour braquer des banques semble tout doit sorti d’un film des frères Coen (lire voué à l’échec, et pourtant…). Hell or High Water n’est d’ailleurs pas sans rappeler le ton de No Country For Old Men. Bref, tout est là. La résistance est futile. (Mathieu Horth Gagné)

Hidden Figures

hidden figures

Bâtir des murs ou des ponts? Fastoche. Bâtir des fusées et les envoyer dans l’espace grâce à d’incroyables calculs mathématiques? Ça, c’est une prouesse. Une vraie. Dans Hidden Figures, pas d’extraterrestres, pas de concierge alcoolique chargé de prendre en main son neveu, pas de chorégraphies sur une autoroute de LA. Mais un film inspirant, touchant, historique, mêlant richesse intellectuelle et humour. Restées dans l’ombre, trois brillantes femmes scientifiques, noires, persévèrent malgré les embûches pour réaliser leur rêve dans une Amérique où sévit encore la ségrégation. Disparu des écrans, Kevin Costner retrouve de sa superbe dans une scène inoubliable, clamant qu’à la NASA, tout le monde pisse de la même couleur. Un régal. (Romain Schué)

La La Land

la la land

L-L-L’œuvre qu’on s’attend à honnir parce que, touche de cynisme. L-L-L’œuvre qui, finalement, nous laisse avec un sourire un peu con dans le visage, doublé d’une envie de frencher et de danser toute la nuit. Qui nous fait oublier tout le gris et le poche et le compliqué, qui nous empêche de songer à l’état catastrophique de la planète, qui nous rappelle que le cinéma, et la vie, peuvent être légers, simples et colorés. Qui nous rappelle, aussi, que les gens qui la traversent, cette vie, nous marquent à jamais, même quand on se quitte, même quand on se perd, même quand, au final, ce n’était pas tout à fait ça. Que voulez-vous. Ça marche. Et c’est L’L’L’œuvre qui va tout rafler. Parce que c’est tellement plus que juste des gens cute qui font de la claquette. (Pardon de te contredire, Hacksaw Ridge.) (Natalia Wysocka)

Lion

lion

En 2015, nous nous avouions vaincu avec Selma. En 2016, nous triomphions avec Spotlight. «Never give up», comme chante Sia dans la bande originale de… Lion! CQFD. Ce film aux paysages magnifiques, entre l’Inde et l’Australie, est tellement excellent qu’il aurait pu avoir non pas un, mais deux acteurs nommés pour le Meilleur second rôle (l’Académie s’est gardée une p’tite gêne): Sunny Pawar, qui joue le jeune Saroo s’égarant à plus de 1 500 km de chez lui avant d’être adopté par une famille tasmanienne, est génial de fraîcheur, tandis que Dev Patel, qui joue le grand Saroo retrouvant son village natal grâce à Google Earth, est émouvant d’humanisme. La dernière fois que Dev a mis les pieds au Dolby Theatre, il est reparti avec ses amis avec l’Oscar du meilleur film pour Slumdog Millionaire. 2017, c’est sûrement l’année du lion quelque part dans le monde. Go LI-LI-ON! (Baptiste Barbe)

Manchester by the Sea

manchester by the sea

Mesdames et messieurs, l’Oscar du meilleur film va à (aucun roulement de tambour, car aucun suspense) Manchester by the Sea, de Kenneth Lonergan! Non seulement les images de cette région de la Nouvelle-Angleterre sont à couper le souffle et donnent envie d’y déménager, mais l’histoire est bouleversante. Casey Affleck (qui remportera sans aucun doute l’Oscar du meilleur acteur) campe un concierge d’immeuble à logements de Boston torturé qui, du jour au lendemain, devient le tuteur légal de son neveu adolescent. Ce film a tout pour être oscarisé: une histoire ultra poignante qui fait verser des larmes, un beau gosse tourmenté qu’on a le gout de sauver et de prendre dans nos bras, des images pittoresques et Michelle Williams. (Rachelle McDuff)

Moonlight

moonlight

Si l’Académie a tiré des leçons de la controverse #OscarsSoWhite, elle récompensera un film qui montre d’autres réalités que celles de personnages plus blancs que blancs (sa-la-lut, La-la-land!). Certes, Moonlight n’est pas le seul à mettre en scène des minorités visibles mais, en dépeignant le parcours d’un jeune Noir incapable d’affirmer son homosexualité, c’est le film qui a la plus grande portée sociale. Et, à une époque où Donald Trump est président des États-Unis, les histoires des plus défavorisés doivent plus que jamais être racontées. Avec ses images sublimes d’un Miami hostile et étouffant – tout le contraire de la carte postale qu’on imagine – et sa mise en scène tout en finesse et empreinte de poésie, Moonlight offre un regard lumineux sur EUX (et non sur NOUS). (Marie-Lise Rousseau)

 

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