Classes de maîtres: À la découverte du Conservatoire
Peu de gens savent ce qui se passe derrière les portes closes des classes du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec. Plusieurs ignorent également que cette institution publique compte en fait neuf établissements répartis dans sept villes de la province.
Pour démystifier cette école, qui a formé plusieurs de nos grands artistes, le réalisateur Luc Bourdon s’est introduit dans les classes du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec et nous les fait découvrir dans le documentaire Classes de maîtres, qui sera présenté ce soir sur les ondes de Télé-Québec.
Montréal, Québec, Gatineau, Rimouski, Saguenay, Trois-Rivières et Val-d’Or : toutes ces villes possèdent leur Conservatoire de musique. Ce n’est cependant que dans la capitale nationale et dans la métropole qu’il y a un conservatoire d’art
dramatique.
Ces lieux, Luc Bourdon les a tous visités, caméra en main. Dans les classes, il a découvert des élèves talentueux et des enseignants passionnés, mais surtout, une formidable relation maître-élève, la plupart des cours de musique se donnant individuellement.
«Ils appellent ça des classes, même s’ils sont deux, explique Luc Bourdon. Les professeurs ont chacun 17 élèves, mais ils les voient surtout individuellement. C’est une veille tradition, cette façon de faire.»
Et, cette tradition, elle est européenne. C’est le fondateur de l’institution Wilfrid Pelletier qui l’a implantée au Québec en 1942, et elle continue toujours de faire ses preuves.
«Le Conservatoire, c’est une institution unique en Amérique du Nord parce que la plupart des musiciens vont dans les universités, dans les facultés de musique, où on les forme d’une manière différente, sans cette relation maître à élève forte, affirme le réalisateur. Pousser un jeune qui commence à 6 ans et qui continue de piocher sur son piano à 21 ans, c’est toute une manière d’envisager l’enseignement.»
L’amour de l’art
Pour capter cette relation très spéciale, Luc Bourdon et son équipe ont passé des heures et des heures en salle de répétition. «De chaque cours qu’on a visité, on est sortis médusés, souligne-t-il. D’une part, les gens sont généreux, d’autre part, ils sont habitués de se donner en spectacle. Au lieu que ça soit pour eux un problème que d’avoir une caméra près d’eux, c’était plutôt une occasion pour eux de performer.»
Cependant, après 55 heures de tournage, il a fallu extraire des enregistrements à peine 60 minutes, pour montrer l’apport du Conservatoire à notre culture et à notre société, ce qui a entraîné des choix parfois déchirants.
«Pour moi, faire découvrir que le comédien Gilbert Sicotte enseigne, je trouvais ça super, assure le cinéaste. C’est pour ça qu’il est présent au début du documentaire, pour qu’on puisse d’entrée de jeu comprendre qu’il y a des choses qu’on ne connaît pas du Conservatoire et qu’il y a des artistes qui, pas pour l’argent, mais pour le plaisir, y enseignent leur art. Voir un professeur qui donne un cours de direction d’orchestre, comme Raffi Armenian, est également exceptionnel. On arrive dans sa classe, et là, on perçoit la musique que lui et son élève sont en train de s’échanger dans le silence. C’est magique!»
Classes de maîtres
Sur les ondes de Télé-Québec
Ce soir à 21 h