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L’audace du Québec saluée au TIFF

Photo: collaboration spéciale

La délégation québécoise fait énormément parler d’elle au festival de cinéma le plus couru de l’automne.

Les amateurs du septième art garderont leur attention fixée sur toute parcelle d’information en provenance de la Ville Reine jusqu’à dimanche prochain, alors que le Festival international du film de Toronto (TIFF) dévoile l’étendue de sa vaste programmation, et ce, tout en accueillant les stars qui figurent au sommet de la chaîne alimentaire hollywoodienne.

Parmi les moments les plus marquants de ces premiers jours, gros coup de cœur pour 12 Years a Slave, sublime drame historique de Steve McQueen (Shame) qui porte sur l’esclavage aux États-Unis au XIXe siècle. Gravity est une réussite tout aussi totale, quoique relevant d’un registre complètement différent. Cette science-fiction cauchemardesque du réalisateur Alfonso Cuarón (Children of Men) se penche sur la première expédition dans l’espace d’une brillante ingénieure (Sandra Bullock).

Autre constatation qui s’impose : plusieurs Québécois se démarq­uent avec des projets audacieux et inédits, et osent sortir de leur zone de confort. Pour les Québécois suivants, nous pouvons assurément dire que le pari est réussi.

Tom à la ferme, de Xavier Dolan
Cette adaptation décalée de la pièce éponyme de Michel Marc Bouchard voit Dolan défricher de nouvelles terres fertiles. Ce film de genre imprévisible mélange habilement horreur hitchcockienne et mélodrame rural. C’est l’histoire d’un publicitaire branché et urbain (Dolan) qui voyage en région pour les funérailles de son copain, mais se voit vite confronté à une mère qui en sait finalement très peu sur son fils (Lise Roy) et un frangin menaçant, dégoulinant de désirs inassouvis (Pierre-Yves Cardinal). Pour avoir vu le film, la désormais célèbre critique virulente qu’en a faite le Hollywood Reporter nous semble gratuite et franchement hors de propos.

The F Word, de Michael Dowse
Cette charmante comédie romantique du réalisateur montréalais Michael Dowse (Goon) propose un mélange fort habile de sincérité et d’irrévérence. C’est l’histoire de Wallace (Daniel Radcliffe, qui continue avec brio de passer à la moulinette son étiquette de sorcier), un jeune homme sensible qui tombe éperdument amoureux de Chantry (Zoe Kazan). Mais puisqu’elle a déjà un copain de longue date, il se résigne au «f word» (qui renvoie bien sûr à l’idée de «just friends», ou amis platoniques). Empruntant sans réserve à When Harry Met Sally, véritable pilier des «romcoms» contemporaines, Dowse réussit pourtant à y insuffler intelligence, originalité et humour espiègle.

The Dallas Buyers Club, de Jean-Marc Vallée
À elle seule, la performance de Matthew McConaughey, qui a perdu quelque 50 li­vres pour le rôle, vaut le détour. Avec cette première incursion en sol américain, Jean-Marc Vallée plonge dans le Texas homophobe (chapeaux de cowboy à l’appui) des années 1980, alors que l’épidémie (et la peur) du sida faisait rage. Ce récit inspiré de faits réels suit Ron Woodroof (McConaughey), un électricien coureur de jupons qui apprend contre toute attente être atteint du sida, et qui prend son destin en main. Vallée démontre surtout l’étendue de son talent pour diriger des acteurs de haut calibre.

Prisoners, de Denis Villeneuve
Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Terrence Howard… Les éloges fusaient de toute part pour Denis Villeneuve à la conférence de presse. «Je parle au nom de toute l’équipe quand je dis qu’on se souviendra longtemps de Denis Villeneuve comme d’un maître», déclarait Maria Bello. Après avoir visionné ce thriller psychologique à propos de deux familles qui voient leur train-train paisible de banlieusards bouleversé à la suite de l’enlèvement de leurs filles, on ne peut qu’acquiescer. Une trame narrative qui aurait facilement pu tomber à plat se transforme ici en puissante allégorie sur l’Amérique de l’après-11 septembre. Chapeau.

Visitors, de Godfrey Reggio
La dernière œuvre de l’Américain Godfrey Reggio (Koyaanisqatsi) offre une expérience artistique, spirituelle et viscérale hors du commun, avec ses superbes plans qui laissent toute la place à notre imaginaire. La première de dimanche soir a donné lieu à un grand moment de cinéma, en compagnie de l’Orchestre symphonique de Toronto et du compositeur émérite Philip Glass. Reggio a d’ailleurs tenu à remercier ses «deux nouveaux anges», soit les productrices montréalaises Phoebe Greenberg et Penny Mancuso de PHI Films.

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