Ricky Dee et Mario Lirette apparaissent dans le documentaire Le match de la radio, de Pierre Ouimet.

Dans les coulisses de la radio commerciale, une lutte sans merci se
livre, heure après heure, seconde après seconde. Le match de la radio en
rend compte.

C’est un médium où la compétition est féroce. Souvent debout aux aurores, soumis à la dictature des cotes d’écoute qui ne pardonnent pas, ces rois des ondes que sont Mario Lirette, son fils Philo, Julie St-Pierre, Paul Houde, Paul Arcand et compagnie partagent tous la même passion folle pour leur métier d’animateur. Mais ils partagent aussi, à un degré variable, les contraintes, de plus en plus importantes, qui viennent avec.

Réalisé par Pierre Ouimet, narré et scénarisé par Christian Tétreault, Le match de la radio plonge dans les coulisses des ondes FM commerciales. La force de ce film, c’est la façon dont il présente les deux côtés de la médaille. On y voit par exemple Paul Arcand, qui confie trouver ça «pathétique», les formats musicaux. Ou l’analyste des médias Claude Thibodeau qui martèle à la caméra, et à l’adresse des animateurs : «Ce n’est qu’un commerce! Vous n’êtes que des vendeurs de savon!»

Composé de séquences éloquentes, Le match de la radio enchaîne les témoignages mordants. Dans une scène évocatrice, le montage va et vient entre Ricky Dee, animateur émérite, assis à la terrasse de son restaurant, et Sylvain Simard, directeur de la marque NRJ, bien installé dans son bureau. Chacun de leur côté, les deux hommes se souviennent. Le premier de la façon dont il a été remercié après des années de loyaux services, le second de la façon dont il a remercié le fidèle présentateur.

«C’est un osti de milieu de pétés!» nous a lancé hier Ricky Dee, après le visionnement de presse du documentaire, visiblement un peu ébranlé. «On m’a souvent demandé : ‘Comment ça marche quand c’est fini?’ Mais il n’y a jamais personne qui en a vraiment parlé avant ce film. J’en ai des frissons.»

Dee, qui fait cette job depuis 1982 et que l’on peut entendre aujourd’hui sur Rouge FM, ajoute : «On est rough entre nous. C’est complètement malade.» Est-ce une particularité de la radio commerciale en général, M. Dee? «De la radio francophone québécoise», rectifie-t-il.

Bien entendu, un docu sur ce médium n’aurait pu omettre de parler de la radio de Québec, unique en son genre, qui «obéit à ses propres lois». «À Québec, on est tous blancs, francophones et catholiques», fait remarquer à ce sujet un recherchiste de NRJ. «On n’a pas tout le multiculturalisme comme à Montréal», enchaîne un animateur de la Vieille capitale, avant de nous présenter l’événement Pinch of Love organisé par sa station, qui attire les foules en invitant les gars à se laisser pousser le pinch, et les filles à s’habiller eighties.  Étonnant.

La chose qui stupéfie le plus, toutefois, à l’écoute du Match…, c’est la très, très forte présence masculine. «Sur les ondes, il y a quelques battantes comme Nadia Bilodeau ou Claudine Prévost, fait remarquer Ricky Dee. Ce sont des filles qui ont appris à animer… comme des gars! Elles ont des émissions très punchées. Et il le faut, parce que la radio, c’est très différent de la presse écrite. C’est très Basic Instinct…»


Le match de la radio
À Canal D
, le 4 mars à 19 h
En rediffusion le 5 mars à 10 h et le 9 mars à 13 h

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