Nicolas Ruel Little Lady est une drôle de bibitte, née dans le désert de Mojave et inspirée par les années que Sandrine Lafond a passées à Las Vegas.

Sans qu’un mot sorte de sa bouche, Little Lady entraîne les spectateurs dans son univers ludique et attachant. Ses Méandres… constituent un spectacle inusité, d’une fraîcheur bienvenue.

C’est peut-être parce que l’hiver est long et froid, mais la légèreté des Méandres de Little Lady, spectacle présenté dans la salle de répétition d’Espace Go, tombe à point ces jours-ci. L’univers de la petite dame – même s’il comporte plusieurs accessoires faits au tricot et au crochet! – sort, pendant une heure, le spectateur de la grisaille hivernale. On rit et on sourit devant la naïveté et la simplicité du personnage.

Les méandres… n’est ni vraiment un spectacle de danse ni vraiment une pièce de théâtre. Ce n’est pas non plus un recueil de bouffonneries. Little Lady ne parle pas, mais elle réagit à ce que dit la radio. Sa créatrice et interprète, Sandrine Lafond (qui a tout un passé dans les univers de la danse et du cirque) fait passer l’expression du personnage par une gestuelle développée, un visage qui dit tout et des onomatopées. C’est que la petite dame est une étrange créature, mi-femme, mi-coquerelle (à ce qu’on dit!). Et elle porte de grosses lunettes.

Lafond est seule sur scène. La mise en scène de John Turner et de Miriam Cusson met d’abord en place l’univers de Little Lady, en présentant ses petites habitudes et ses rituels, dans un décor épuré et avec des accessoires très simples. Puis, alors qu’on croirait que la créature vit paisiblement, on se rend compte que Little Lady est une fugitive esseulée.

Sans connaître trop de détails sur ses origines mystérieuses et sur sa fuite, on l’assiste dans sa recherche naïve de l’âme sœur: oubliez les drames existentiels ou les critiques de la société contemporaine, bienvenue sur les sites téléphoniques de rencontres. Qui ne cherche pas l’amour? L’histoire n’a ainsi rien de grandiose ou de profond. Mais on s’attache au personnage. D’ailleurs, que Sandrine Lafond fasse interagir Little Lady avec les spectateurs (en réaction à un éternuement, par exemple) ou en partageant des photos de ses prétendants crée un lien qui contribue à l’affection qu’on peut ressentir pour le personnage. À quand la suite des aventures de la petite créature?

Les méandres de Little Lady
Espace Go
Du 5 au 7 mars

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