Denis Beaumont/Métro B.B. King

Il a plus de 60 albums à son actif. Il a obtenu 15 Grammys, est reconnu à travers le monde comme l’un des plus grands bluesmen de l’histoire; bref, B. B. King est une véritable légende vivante. Aussi, avoir la chance d’assister à un concert de cette «tournée d’adieu» qui s’étire depuis 2006 – le guitariste n’a-t-il pas, après tout, déjà dit ne pas croire à la retraite? – est, n’ayons pas peur des mots, un vrai honneur.

C’est d’ailleurs l’impression qui se dégageait dans la salle Wilfrid-Pelletier, mardi soir, pour la première des deux représentations qu’y offre le roi du blues. Représentation qui a dû être retardée d’une heure à cause de la pluie, puisque d’importantes inondations ont affecté la salle. «C’est un petit miracle; si vous aviez vu la salle à 18 h, vous ne croiriez pas qu’on peut donner un show ce soir!» a souligné André Ménard, du Festival de jazz.

Ce petit retard n’a certes pas affecté la bonne humeur du bluesman du Mississippi et de ses huit musiciens, qui ont ouvert le bal avec deux pièces instrumentales avant qu’un B. B. King visiblement ravi ne fasse son apparition sur scène, sous un torrent d’applaudissements et de joyeux sifflements.

Bien sûr, à 86 ans bien comptés, B. B. King est moins solide sur ses jambes – comme c’est le cas depuis un moment, il a offert sa prestation assis – et offre sans doute des solos moins étoffés qu’à l’apogée de sa carrière. Mais dès les premières notes de I Need You So, on a pu constater que sa voix était toujours aussi solide, que ses doigts étaient toujours étonnamment agiles, et que le roi du blues n’a pas perdu son talent de showman, ni une once de son charme. Le séducteur notoire y est allé de plusieurs compliments et clins d’œil aux femmes – «the ladies!» – de l’assemblée, toujours avec classe et humour.

Le spectacle d’une heure et demie, sans entracte ni première partie, y est allé à l’essentiel avec quelques morceaux choisis du répertoire du musicien (incluant, bien sûr, The Thrill is Gone, qui lui a valu une vraie ovation), ainsi que You Are My Sunshine – hymne de la Louisiane – et When the Saints Go Marching In, pièce du gospel américain popularisée par Louis Armstrong. Et entre les pièces, une blague par-ci, un commentaire par là, se terminant toujours par un rire de gamin. Bref, B.B. s’est fait plaisir et a fait plaisir à son auditoire du même souffle. Un spectacle court, oui, mais bien dosé pour que, pour paraphraser King, le «thrill» ne disparaisse pas…

B.B. King
À la salle Wilfrid-Pelletier
Mercredi à 20h

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