En venant présenter Bite en première mondiale à Fantasia, le réalisateur ontarien Chad Archibald souhaitait provoquer de fortes réactions. Mais il ne s’attendait pas à ce qu’elles soient aussi fortes.

Tel que reporté par le site Bloody Disgusting, une ambulance est arrivée à la Salle J.A. de Sève – où le film était projeté le 29 juillet – après que deux spectateurs ont supposément perdu connaissance.

Chad Archibald était dans la salle. «C’est drôle parce qu’avant la première, plein de critiques ont dit que le film était dégoûtant et ignoble. Ce qui est génial pour moi… mais absolument repoussant pour quiconque n’est pas un amateur de cinéma d’horreur!» rigole le réalisateur. C’est d’ailleurs inspiré par ces remarques qu’il a eu l’idée de créer des petits sacs pour la nausée, communément distribués dans les avions, et de les distribuer, lui, aux festivaliers. «C’est un film amusant. Il n’a rien de choquant. Mais pour ceux qui ont l’estomac fragile…»

Usant effectivement d’effets qui peuvent revirer un cœur sensible à l’envers, Bite met en scène une fiancée qui, à quelques jours de l’autre jour, le grand, commence à douter de son désir de se marier. Histoire de se changer un peu les idées, elle part au Costa Rica avec des copines pour un traditionnel enterrement de vie de jeune fille. Lors d’une nuit arrosée, un insecte la pique. Vous devinez la suite: retour au pays, déferlement de symptômes pour le moins inquiétants… En gros: sa peau devient visqueuse, et elle commence à «pondre» des petits œufs gluants qui se mettent à envahir son appartement.

C’est probablement la présence à l’écran de cette texture glumeuse, accompagnée de bruits de succion, ew, qui provoque une réaction de rejet chez certains, croit Chad Archibald. «C’est assez dégueu, mais comme j’ai moi-même conçu ces œufs, je sais que ce sont seulement d’innocentes petites boulettes en gelée. Mais j’imagine que c’était efficace!»

À la grande première, le cinéaste et tripeux de films d’horreur, qui a également cofondé la maison de prod Black Fawn Films, a pu constater à quel point. «J’ai vu une fille se lever et trébucher dans les marches. Je me suis senti vraiment mal pour elle, car je croyais qu’elle s’était enfargée. Puis j’ai réalisé qu’elle était en train de s’évanouir. J’ai pensé que c’était une simple coïncidence, mais lorsque le générique a commencé à défiler, [le co-directeur du festival] Mitch Davis, a couru vers moi en criant: « DUDE! Je suis sorti de la salle pour dix minutes et entre temps, plein de gens m’ont appelé pour me demander ce qui s’était passé! ». Puis, il m’a montré des photos de l’ambulance qui était arrivée sur les lieux. Une fois que je me suis assuré que tout le monde était hors de danger, j’ai été vraiment… surpris. Après tout, je suis un maniaque de films d’horreur! J’adore entendre parler d’œuvres auxquelles les gens réagissent aussi fortement!»

Chad et Cody Bite

L’info peut sembler anodine, mais elle a provoqué une petite secousse dans le monde des fidèles qui partagent les goûts cinématographiques de Chad. «C’est drôle comment le mot se passe… et se déforme. J’ai vu des billets de blogues européens qui clament: HUIT personnes se sont évanouies à la projection de Bite! Il y avait PLEIN d’ambulances! TOUT LE MONDE était malade!»

Mais la rumeur a d’autres impacts que seulement des histoires «légèrement» amplifiées. Depuis la séance marquée par ce que Mitch Davis surnomme des «falling ovations» (ou des ovations couchées, en traduction libre), Chad Archibald dit vivre «des montagnes russes» d’émotions. Ses collègues de Black Fawn Films et lui seront en Allemagne pour le Fantasy FilmFest, puis au Royaume-Uni, pour le FrightFest, à la fin du mois. Sans oublier que, depuis la fameuse projection dans la métropole, «une vingtaine de festivals» les ont contactés pour leur demander de présenter Bite. «Le nombre d’événements auxquels nous participerons est en train d’exploser! J’aime penser que c’est parce que mon film n’était pas si mal… mais je suis sûr que la projection à Montréal y est pour quelque chose!»

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