La Tunisie aux urnes
Pour la première fois de leur histoire, les Tunisiens iront aux urnes dimanche pour élire une Assemblée constituante. Depuis la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali, qui était au pouvoir depuis 23 ans, le pays était dirigé par un gouvernement intérimaire. «Ces élections sont cruciales, indique Gael Martin-Micallef, un conseiller européen pour l’élection de dimanche. C’est la première fois que les Tunisiens auront un choix. Plus de 100 partis et des tonnes de candidats indépendants sont dans la course. On parle de 10 000 candidats en lice pour les 217 postes de l’AssemÂblée constituante.
Avec le RCD de Ben Ali dissout, les anciens partis de l’opposition font face à des partis nouvellement formés. «La période entre la chute de Ben Ali et les élections a été plutôt calme, dit Claire Spencer, une spécialiste du pays travaillant pour le think tank Chatham House. Les principaux partis sont confiants que la police assure la sécurité des buÂreaux de vote dimanche.»
Seuls 50 % des électeurs éligibles se sont enregistrés. Bien que les autorités ne publient pas l’âge des électeurs confirmés, des sondages informels indiquent que les jeunes, qui ont été à l’avant-plan du printemps arabe, bouderont le processus. «Les partis ont tenté d’inciter les jeunes à aller voter, affirme Mme Spencer. Mais ceux-ci remarquent que les politiciens représentent encore la vieille garde. Plusieurs ne comprennent pas très bien où les partis se situent exactement.»
Que se passera-t-il après les élections? C’est la principale question qu’on se pose dans le pays. Plusieurs candidats sont des néophytes et les vainqueurs auront la délicate tâche d’écrire la nouvelle consÂ-titution. «Je ne suis pas pessimiste au sujet de la qualité des candidats, avanÂce M. Martin-Micallef. Les Tunisiens redécouvrent la politique. On en parle partout. Le fait que plusieurs candidats n’aient pas d’expérience parlementaire n’est pas une mauvaise chose.»