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La session condensée, rendue nécessaire par l’annulation du trimestre de l’hiver dernier, a pris fin en fin de semaine dans la plupart des établissements concernés. À l’aube de la nouvelle session qui débute lundi pour plusieurs étudiants au cégep et à l’université sur un nouveau fond politique, Métro a fait le point avec la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, et l’une des porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Jeanne Reynolds.

C’est un automne pour le moins chargé qui se trame pour les étudiants. Après avoir vu en un mois la matière qu’ils étaient supposés apprendre en un trimestre, les étudiants de l’UQAM, par exemple, s’apprêtent à vivre une deuxième rentrée automnale.

Martine Desjardins et Jeanne Reynolds s’entendent pour dire que la session condensée, qui s’est achevée en fin de semaine, a été plutôt épuisante pour les étudiants. «On déplore la pression qui a été mise sur les étudiants et les étudiantes. Ça ne favorise pas nécessairement l’apprentissage et je ne pense pas que c’est une formation de qualité qu’on leur offre.»

Malgré tout, les étudiants sont fiers d’avoir terminé cette session sur fond de victoire. «Le fait que la hausse des droits de scolarité a été annulée, alors que ce n’était pas le cas quand ils sont rentrés à l’école, leur a donné un regain d’énergie, souligne Martine Desjardins. On se dit: on n’a pas fait ça pour rien!»

Jeanne Reynolds note également un bel esprit d’entraide qui s’est formé sur les campus, à la suite du conflit étudiant. Plusieurs fonds ont été créés pour venir en aide aux étudiants les moins fortunés, ainsi qu’une distribution de paniers alimentaires. «C’est une des victoires de la grève, affirme la porte-parole de la CLASSE. Peu importe nos opinions, on est capable de s’aider quand ça va mal.»

Surtout, les étudiants sont heureux de retourner sur les bancs d’école, notent les deux leaders. Et pas de perturbations en vue pour le présent trimestre, avance Martine Desjardins. «Maintenant que la question du gel des droits de scolarité et de l’annulation de la Loi 12 (ancien projet de loi 78) est réglée, nous nous préoccupons du prochain sommet sur l’éducation qui aura lieu à l’hiver, dit-elle. Nous avons désormais un gouvernement qui est prêt à nous écouter, nous allons nous asseoir et discuter avec lui.»

Un son de cloche un peu différent du côté de la CLASSE, pour qui la lutte n’est pas terminée. Bien qu’elle se dise heureuse de la décision prise par Pauline Marois d’annuler la hausse des droits de scolarité, l’association étudiante s’est réunie en fin de semaine pour établir un plan d’action pour l’année scolaire 2012-2013 qui aura comme thème : «En marche vers la gratuité scolaire». «Il faut comprendre que dès qu’on met un prix à l’éducation, on change la nature de notre relation avec elle, avance Jeanne Reynolds. Ce n’est plus un service public, c’est une marchandise.»

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