Nicolas Ledain / TC Media Les spectateurs ont joué le rôle des jurés après avoir écouté les arguments des deux parties lors de ce procès du Sault-au-Récollet.

Dans le cadre du festival Vivre le Patrimoine, un tribunal a été installé sur les berges de la rivière des Prairies pour répondre à la question: le Sault-au-Récollet est-il toujours un village? Après deux heures de débats amusés et passionnés, c’est le patrimoine qui est ressorti vainqueur de ce procès.

Si le public, qui jouait le rôle des jurés, a majoritairement opté pour le «non» à la question posée, le verdict n’avait guère d’importance à l’issue de ce procès tenu vendredi 18 août dans le parc qui borde l’École Sophie-Barat. Inspirés par la série Le Tribunal de l’Histoire, l’objectif des organisateurs était de provoquer le débat et de trouver une astuce ludique pour discuter du patrimoine.

«Ce n’est jamais tout blanc ou tout noir, donc je trouve cela intéressant de débattre de cela. Il faut trouver de nouvelles manières de faire pour embarquer les gens, sinon on va rester entre experts et ce ne sera pas intéressant», estime Denis Boucher, membre du conseil du patrimoine du Québec qui jouait le rôle du juge dans ce tribunal du patrimoine.

Pour sa troisième édition, le festival Vivre le patrimoine a choisi de parler de ce site exceptionnel qu’est le Sault-au-Récollet dans Ahuntsic-Cartierville. Autant par l’esprit de ce quartier que grâce à ses édifices comme l’Église de la Visitation ou les vestiges du parc de l’Île-de-la-Visitation, l’ancien village avait tous les atouts pour accueillir cet événement.

«Chaque édition a été nourrie pas un projet universitaire. Ce site a fait l’objet d’un atelier pour des étudiants sur le plan de la conservation fin 2016 et on a trouvé que c’était un intérêt particulier, en lien avec le 375e de Montréal et avec un potentiel conséquent», explique Mélissa Mars, cofondatrice de Vivre le patrimoine.

Même si le qualificatif de «village» a été majoritairement rejeté par le jury, celui qui jouait l’avocat de la défense n’en démordait pas après l’annonce du verdict. Selon lui, ce district reste animé par un esprit particulier.

«Les gens d’ici ont leurs habitudes de vie, leurs repères malgré l’urbanisation et la transformation du village, mais ce n’est pas parce qu’un animal est blessé qu’il va mourir. Je jouais ce soir, mais il y a un fond de vrai», confie Stéphane Tessier, coordonnateur au volet historique de l’organisme GUEPE et avocat de la soirée.

L’avis est étrangement partagé par son adversaire qui représentait la Couronne. Pour ces deux hommes de justice d’un soir, l’objectif était surtout de susciter l’intérêt.

«C’est encore un village dans la tête des gens, mais on vit dans une banlieue. Même si dans le fond, ce n’est plus un village, ça ne change rien. L’important n’est pas de gagner, mais de repartir avec un peu de l’idée de l’autre», assure Jacques Gobeil, résident du secteur et procureur de ce procès.

Ce tribunal divertissant a manifestement amusé les spectateurs et n’était que le premier volet consacré au présent de ce festival. Le deuxième, axé sur le passé, aura lieu ce samedi 19 août avec une visite en autobus animée par un historien le long de l’ancien trajet du tramway du Mont royal au Sault-au-Récollet. Les participants vont profiter d’une chasse au trésor historique sur l’île de la Visitation. Enfin, le troisième volet sera consacré au futur avec une œuvre collective réalisée dans l’après-midi avec les citoyens sur les pistes d’amélioration du Sault-au-Récollet.

Les organisateurs de Vivre le patrimoine ont été accompagnés par l’organisme GUEPE, par la société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville, par les Amis du boulevard Gouin et par l’arrondissement dans cette programmation en trois temps autour du Sault-au-Récollet.

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