Isabelle Bergeron L'école Hochelaga a dû être fermée à cause d'un problème de moisissures.

Près de 200 parents ont remis une pétition à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), dans l’espoir de sauver l’entité de l’école Hochelaga, dont le bâtiment est rongé par la moisissure.

Constatant le peu d’enfants à scolariser dans le quartier, la CSDM compte simplement laisser tomber le bâtiment qui abrite l’école, au désespoir de nombreux parents. Ni rénovation, ni reconstruction ne sont prévus pour l’instant.

Une consultation publique a eu lieu le 18 octobre, afin de permettre aux parents de se prononcer sur le sort de l’école de quartier.

«Je n’ai pas senti la CSDM très ouverte, souligne Mariève Lafortune, dont l’un des enfants fréquente l’école. J’ai remis la pétition, mais leur idée semble bien arrêtée.»

La commission scolaire souhaite en fait révoquer l’acte d’établissement.

Selon les vœux de la CSDM, la clientèle de l’école Hochelaga, pour l’instant relocalisée à l’école Édouard-Montpetit, prendrait place dans les toutes nouvelles classes de l’école Baril.

L’école Baril, dont le chantier prendra fin cet hiver, est actuellement en reconstruction au coût de 14,5 M$ et à terme, pourra accueillir 500 enfants.

Sauver l’entité
De leur côté, les signataires de la pétition souhaitent avant tout sauver l’entité de l’école, avant le bâtiment lui-même.

«L’école Hochelaga offre un volet sportif unique qu’on ne veut pas perdre, explique Mme Lafortune. Ce projet-sport favorise la persévérance scolaire en renforçant l’engagement et l’effort, dans un quartier de Montréal où le taux de décrochage est important.»

Selon les parents, fermer l’école Hochelaga diminuerait l’offre scolaire du quartier.

«Un projet spécial comme celui-ci pourrait attirer les élèves de quartiers mitoyens dont les écoles débordent», continue la mère de famille.

Les parents ont donc proposé à la CSDM une cohabitation longue durée à l’intérieur de la nouvelle bâtisse de l’école Baril, «jusqu’à ce qu’il soit jugé nécessaire et possible de réintégrer la bâtisse Hochelaga».

«On est d’accord pour être jumelé à Baril, mais seulement pour le temps des travaux, ajoute Mariève Lafortune. On veut récupérer notre école.»

Peu d’élèves
Diane Beaudet, commissaire scolaire de Hochelaga-Maisonneuve, a pour sa part tenu à assurer que les classes disponibles actuellement comptent suffisamment de places pour tous les élèves du quartier.

«Les chiffres en prévision des prochaines années nous démontrent que nous n’avons pas besoin de rouvrir les trois écoles fermées en raison de leur mauvaise qualité de l’air, explique-t-elle. On pourrait difficilement se battre au ministère de l’Éducation pour obtenir de l’argent pour reconstruire l’école Hochelaga, alors que les chiffres ne justifient pas cette nouvelle école.»

Selon les statistiques prévisionnelles de la CSDM, le quartier Hochelaga-Maisonneuve passera de 1772 enfants d’âge primaire en 2016 à 1859 en 2020, une augmentation de moins de 100 élèves.

«Je peux cependant comprendre la déception des parents, affirme la commissaire scolaire. C’est un dossier émotif.»

Mme Beaudet estime toutefois que l’essentiel a été fait dans ce dossier.

«Ça fait plusieurs années que l’objectif est de ramener les élèves de Hochelaga dans le quartier. Ce sera fait. Je crois que pour cela, on peut crier victoire», conclut-elle.

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