Josie Desmarais/Métro Charles-Mathieu Brunelle, directeur d'Espace pour la vie

Lors du lancement du projet Parcours des phytotechnologies d’Espace pour la vie, mercredi, son directeur, Charles-Mathieu Brunelle, a voulu se faire rassurant quant à la réorganisation institutionnelle de l’organisation qui chapeaute le Jardin Botanique, l’Insectarium, le Planétarium et le Biodôme de Montréal. Le conservateur du Jardin Botanique, Michel Labrecque, restait quant à lui toujours inquiet par cette annonce.

«L’inquiétude face au changement doit être rassurée, a dit mercredi M. Brunelle. Elle est réelle et légitime. On est responsable de l’accueillir. Mais il faut aussi rétablir les faits, qui sont que ces institutions ne sont pas menacées, le nom des institutions et leur identité ne disparait pas. La mission scientifique sera certainement renforcée. Elle n’a jamais été en péril dans aucune des institutions», ajoutant de plus que, selon lui, Michel Labrecque n’aurait pas réellement compris le message.

En décembre dernier, dans une lettre obtenue par La Presse, l’ancien maire de Montréal, qui a aussi été directeur du Jardin botanique, Pierre Bourque, accompagné d’un de ses successeurs, Gilles Vincent, ont écrit au maire Coderre pour dénoncer ce projet de réorganisation. Puis, vendredi dernier, M. Labrecque avait aussi fait part de son inquiétude quant à la réorganisation annoncée d’Espace pour la vie à l’émission Gravel le matin à la radio de Radio-Canada. Il y affirmait que les quatre institutions seraient regroupées sous une seule et même entité. Dans la même émission mercredi, M. Brunelle a quant à lui qualifié ces inquiétudes de «fausses nouvelles».

Cette inquiétude vient du fait ainsi qu’après deux départs à la retraite de directeurs de musée, l’institution fera l’objet d’une réorganisation. Le directeur actuel du Jardin Botanique, René Pronovost, deviendra ainsi le directeur conservation et recherche des 4 musées. Selon lui, «cela permet de renforcer la conservation et la diffusion des programmes publics pour les quatre institutions et de créer un poste de direction et de conservation au Planétarium qui n’existait pas avant, et aussi un poste de direction en termes de programme public pour l’Insectarium».

Néanmoins, Michel Labrecque, conservateur du Jardin Botanique depuis maintenant vingt ans, s’inquiétait toujours mercredi de cette décision. «Cette personne aura à charge les quatre institutions en même temps, c’est-à-dire, les météorites, les insectes, les poissons et les plantes. Je ne connais personne dans le monde qui est capable d’orienter d’un point de vue scientifique tous ces domaines en même temps. Il faut être prêt du terrain pour pouvoir répondre aux problèmes au plus près».

«Je ne connais pas une institution aussi reconnu internationalement (on est dans les cinq premiers mondiaux) qui fonctionne de la sorte. (…) Une institution n’est pas juste un lieu, c’est une histoire, un rayonnement international. Et pour cela, il faut un directeur», ajoute-t-il.

Métro a pu se procurer une copie du projet d’organigramme d’Espace pour la vie après la réorganisation. Comme l’a affirmé Michel Labrecque, l’institution «Jardin Botanique» n’apparaît plus qu’entre parenthèses sous le nom «Division Horticulture» dans la section «Direction Collection et Recherche» d’Espace pour la vie.

Pour M. Labrecque, une fois que la réorganisation aura eu lieu, «je ne gèrerai qu’une section d’Espace pour la vie, non pas le Jardin botanique. C’est un débat subtil, mais tout de même», a-t-il dit à Métro.

La cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, et le conseiller d’Hochelaga, Éric Alan Caldwell ont abondé dans le même sens. «Nous souhaitons que le Jardin botanique conserve son indépendance, son identité et sa mission scientifique. Nous ne rejetons pas un regroupement des structures administratives, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la mission du Jardin botanique», a déclaré Éric Alan Caldwell.

Selon Michel Labrecque, de nombreux scientifiques sont aussi contre cette décision, tout comme l’Association Botanique du Canada.

Nouveauté
Le Parcours des phytotechnologies présenté par la Ville de Montréal et le complexe muséal Espace pour la vie mercredi est un projet de 14,5M$ promouvant les nouvelles technologies utilisant le pouvoir des plantes. Celles-ci permettront à l’avenir de régler les problèmes environnementaux tels que l’épuration des eaux, la décontamination des sols ou encore la stabilisation des rives.

C’est ainsi que dès 2018, et ce jusqu’en 2023, différentes stations seront construites, en commençant par les marais épurateurs. Ce projet d’envergure devrait permettre d’appliquer ces technologies aux problèmes environnementaux observés notamment à Montréal, mais aussi de développer un volet éducatif grâce à un supplément de budget de 1,6M$.

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