Arnaud Stopa | TC Media Maude Turenne-Thériault et Alain Alencar

En prenant un pneu dans la rue, de la laine usagée et des planches de bois récupérées, vous obtenez un pouf sur pied. Bienvenue dans le monde de la conversion des objets recyclés que souhaite promouvoir une entreprise d’Hochelaga.

L’entreprise Mouton No ar, qui ouvrira son atelier en septembre, veut glisser sur la vague de l’«upcycling» ou surcyclage, qui consiste à récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité supérieures. «Nos grands-parents le faisaient déjà. Ils prenaient de vieilles chemises pour en faire toute autre chose. Notre société s’est tournée alors vers la consommation, et on a oublié cela», a indiqué Maude Turenne-Thériault, copropriétaire.

Contrairement aux artisans du recyclage qui existent déjà au Québec, Mouton No ar ne se contentera pas de produire un objet en particulier. Tables, chaises, étagères, alouettes, tout ce qu’ils trouveront ou recevront sera transformé, avec comme seule limite leur créativité… et les meubles avec du tissu. «En sondant les gens sur ce qui les rebutait dans l’achat d’occasion, c’était la propreté, a confié Maude Turenne-Thériault. Ils ne veulent pas de punaises, mais nous non plus!»

L’idée de se lancer dans le surcyclage lui est venue lorsqu’elle a rencontré son partenaire d’affaires Alencar Ferreira lorsqu’ils travaillaient chez Studio Artefact, une compagnie spécialisée dans les décorations de Noël. «C’était fou la quantité de choses qu’il jetait. Du bois, des plaques de fontes, des miroirs qui allaient aller dans les sites d’enfouissements», a dit le designeur industriel d’origine brésilienne. C’est d’ailleurs cette compagnie qui leur a permis d’obtenir gratuitement leurs premières matières premières.

L’entreprise se cherche encore un local assez grand pour ouvrir un atelier-boutique dans Hochelaga. Mais l’un des points de mire de Mouton No ar est d’avoir un local assez grand pour pouvoir l’ouvrir à d’autres. «Beaucoup de gens travaillent déjà avec des déchets, mais qui n’ont ni l’espace ni le temps de le faire actuellement. Nous voulons ouvrir l’atelier à un collectif de créateur» a expliqué la décoratrice de formation.

L’autre ambition de l’entreprise d’économie sociale est de permettre à des personnes immigrantes et à des personnes à problèmes mentaux légers d’obtenir une première expérience d’emploi afin qu’ils puissent s’insérer sur le marché du travail plus facilement.

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