Nicolas Ledain / TC Media Rita Tétreault s’occupe de son mari Michel, 78 ans, atteint d’Alzeihmer depuis cinq ans.

Dans le cadre de la semaine nationale des proches aidants, Les Nouvelles a rencontré Rita Tétreault, une résidente de Hochelaga qui s’occupe au quotidien de son mari Michel, atteint de la maladie d’Alzheimer depuis cinq ans.

Penchée au-dessus de Michel, Rita lui verse quelques gouttes dans son œil gauche pour contrer la progression d’un glaucome. Le geste à répéter cinq fois par jour peut paraître anodin, mais pour cette retraitée proche aidante, il revêt toujours un caractère inédit.

«Je dois lui réexpliquer à chaque fois, parce qu’il ne se rappelle jamais. Cette fois-ci ça allait, mais parfois il est agité», explique-t-elle.

Depuis que l’Alzheimer a été diagnostiqué il y a cinq ans, Rita, 79 ans, se consacre à plein temps à son mari pour lui permettre de rester le plus longtemps possible à leur domicile. Mais la progression de la maladie est inexorable et chaque stade requiert une adaptation délicate.

«Il est de plus en plus perdu. Avant son obsession était toujours de partir et maintenant, il a besoin que je m’occupe de lui. Il a aussi un problème compulsif et à mesure que l’Alzheimer avance, il recule dans le temps. En ce moment, il est rendu à une étape où il était plus jeune et la paperasse l’occupe, mais il n’y a rien de logique», détaille la retraitée.

Si elle est aujourd’hui à l’aise avec son rôle de proche aidante, Rita a eu des difficultés à appréhender la maladie au départ. Elle s’est alors tournée vers la Société Alzheimer qui l’a orientée vers l’organisme Le Temps d’une pause. Là-bas, elle a bénéficié de conseils de spécialistes et de formations sur l’Alzheimer.

«J’ai eu des moments durs parce que j’étais fatiguée et l’acceptation de la maladie est difficile. Je suis une personne douce et calme, mais à un moment il y avait un trop-plein, se souvient Rita. Je conseille d’aller chercher de l’aide.»

Michel nécessite désormais une présence 24h/24 au domicile, alors pour souffler durant la semaine, Rita profite des services du Temps d’une pause, qui propose une halte répit le samedi après-midi durant laquelle les personnes malades sont prises en charge par des intervenants.

«Ça prend beaucoup d’amour pour faire cela. Je ne parle pas seulement d’être en amour, ça prend de l’amour inconditionnel.»
Rita Tétreault, proche aidante.

Grâce au système de chèque emploi-service, l’un des travailleurs de l’organisme vient aussi une journée par semaine pendant 6h pour s’occuper de Michel.

«Ils ont été des sauveurs pour moi. Ils ne font pas juste du gardiennage, les intervenants sont des personnes qualifiées. Tu te sens en sécurité avec eux. Cela m’a donné un sursaut pour continuer», témoigne Rita.

«On arrive à un moment où les proches aidants se retrouvent à accompagner quelqu’un qui est à un stade avancé. Notre objectif est de prévenir l’épuisement pour respecter ce choix de maintien à domicile. Le répit est souvent le premier besoin», ajoute Sarah Guigues, coordonnatrice du programme de soutien pour Le Temps d’une pause.

Même si Rita reconnaît qu’elle a mis ses besoins de côté pour se consacrer à son mari, elle ne regrette pas d’être une proche aidante.

«C’est comme avec un enfant, ce sont ses besoins qui passent en premier, mais j’ai ça dans ma nature. J’ai été massothérapeute, donc ma tendance c’est de prendre soin. Cela fait 53 ans que nous sommes ensemble, dans la vie il y a des hauts et des bas, mais on s’habitue à beaucoup de choses», confie la septuagénaire.

Une journée pour ceux qui aident

Dans le cadre de la semaine nationale des proches aidants, plusieurs activités sont organisées à Montréal pour saluer l’investissement personnel et l’altruisme de ces personnes.

Le point d’orgue sera le 11 novembre au CHSLD Éloria-Lepage avec la journée «Vous êtes importants», organisée par l’organisme Le Temps d’une pause.

«Il nous paraît indispensable de souligner le travail fondamental des proches aidants qui sont des piliers pour le maintien à domicile. Les gouvernements se tournent de plus en plus vers eux et ce sont les meilleurs décodeurs pour avoir des relations avec les personnes atteintes», salue Sarah Guigues, membre de l’organisme.

Le Temps d’une pause vient en aide à plus de 500 proches aidants de l’est et du nord de Montréal.

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