Nicolas Ledain / TC Media Les joueurs du CB Montréal jouent dans le sous-sol de l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus.

Le cycle-balle est une discipline spectaculaire, mais anonyme, qui n’est pratiquée que dans un seul club en Amérique du Nord et il se trouve dans Hochelaga-Maisonneuve. Ce mélange entre le soccer et le vélo allie dextérité, agilité, stratégie et puissance.

Inventé par un germano-américain à la fin du XIXe siècle, le cycle-balle suit la même dynamique que le soccer. Les deux joueurs de chaque équipe doivent marquer dans le but adverse. La difficulté réside dans le fait que toutes les actions se font sur une bicyclette spéciale, utilisée uniquement pour cette discipline. La selle est plus basse que sur un vélo traditionnel et est reculée afin d’abaisser le centre de gravité et d’augmenter la surface pour éventuellement contrer la balle. La fourche à l’avant est droite pour faciliter les mouvements et frapper la balle avec la roue. Enfin, le pédalier est sur un pignon fixe pour donner plus d’agilité aux joueurs.

«C’est tellement un vélo magique. Quand tu montes dessus la première fois, c’est très difficile, t’as pas tes repères, mais c’est précis, agile, nerveux, c’est facile de tout faire», s’enthousiasme Patrice Lavoie, l’un des joueurs du club Cycle-balle (CB) Montréal.

Ce dernier a découvert le cycle-balle il y a quatre ans et demi au sein de ce club montréalais qui existe depuis dix ans. Fondée en 2007 par Jean Saucier, un ancien artiste de cirque, cette organisation est la seule à pratiquer cette discipline au Canada et sur tout le continent. Elle compte aujourd’hui une dizaine de pratiquants, mais seulement quatre licenciés qui s’entraînent dans le sous-sol de l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus dans Hochelaga.

«Il faut une bonne condition physique. C’est un sport cardio, mais aussi très musculaire, ça fait beaucoup travailler le haut du corps.»
Timothée Guzzo, joueur du CB Montréal.

Si ce sport est affilié à l’Union cycliste internationale (UCI), le CB Montréal n’est même pas reconnu par Cyclisme Canada.

«Il faut de la détermination pour jouer au Canada, mais c’est un sport complet. […] On a commencé le cycle-balle par envie d’essayer, par envie de jouer et de s’amuser et ce qui nous unit tous, c’est le vélo sous toutes ses formes», explique Timothée Guzzo, l’un des joueurs montréalais.

Championnat du monde
Preuve de cet anonymat, le Canada participe aux championnats du monde, mais les représentants de l’Unifolié sont sélectionnés à l’issue d’une compétition «en famille» dans Hochelaga-Maisonneuve. Ils doivent aussi payer les frais de déplacement et les chandails.

Face aux meilleures nations que sont l’Allemagne, l’Autriche, la République tchèque, la Belgique, la Suisse et certains pays asiatiques qui progressent rapidement, les joueurs canadiens souffrent d’un manque d’opposition durant leur préparation. Le seul moment où le CB Montréal est confronté au plus haut niveau mondial, c’est lors de la visite annuelle d’une semaine d’une délégation allemande.

«C’est très difficile parce qu’on construit quelque chose ici et quand on arrive en Europe, on doit tout déconstruire. On est bon au niveau technique, mais tactiquement, il y a des bases de jeu où on n’est pas au fait parce qu’on ne joue qu’entre nous», détaille Benoit Fisch, l’un des deux membres de l’équipe nationale.

Malgré tout, lors du dernier Championnat du monde qui a eu lieu à Dornbirn en Autriche à la fin du mois de novembre, l’équipe Canada composée de Benoit Fisch et Patrice Lavoie a réussi à remporter un match face à la Malaisie. Il s’agissait seulement de la deuxième victoire de l’histoire de notre pays dans une compétition officielle. La finale a couronné les Allemands devant les Autrichiens.

«C’est très intéressant de vivre cet événement-là. Je nous trouve chanceux, parce qu’on a peu de compétitions pour goûter à ce prestige, se réjouit Benoit Fisch. Ce monde du cycle-balle est une grande famille, il y a beaucoup d’intensité sur le terrain, mais en dehors, tout le monde est ami et tout le monde se connaît.»

Le CB Montréal espère maintenant recruter de jeunes joueurs pour assurer la relève de cette pratique originale au Canada. Le club aimerait notamment développer un partenariat avec une école pour rejoindre des enfants et les inciter à jouer à ce jeu ludique et stratégique.

Le CB Montréal peut être contacté sur la page Facebook Cycle-balle Montréal.

Règlements du cycle-balle

Avec le cyclisme artistique, le cycle-balle appartient à la catégorie du cyclisme en salle reconnue par l’UCI. Dressés sur leur vélo, quatre joueurs (deux dans chaque équipe) s’affrontent sur un terrain de quatorze mètres sur onze et tentent de marquer dans des buts qui sont des carrés de deux mètres de côté. Les joueurs ne peuvent frapper la balle qu’avec leur bicyclette et ils n’ont pas le droit de poser le pied à terre. Seul le joueur désigné comme gardien est autorisé à toucher la balle avec sa main lorsqu’il se trouve dans sa zone défensive qui est un arc de cercle de deux mètres autour de son but. La partie se dispute en deux périodes de sept minutes avec une intermission de deux minutes.

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