Nicolas Ledain / TC Media Le PEC attend désormais une solution à long terme pour assurer la survie du centre d’éducation populaire du boulevard Pie-IX.

Sans bail depuis plus de six mois, le Pavillon d’éducation communautaire (PEC) de Hochelaga-Maisonneuve a prolongé son entente avec la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour quinze ans. La problématique du financement n’est toutefois pas encore réglée.

On est loin d’une solution miracle, mais ce nouveau bail signé avec la CSDM court jusqu’en 2032 et prolonge la location symbolique à 1$ pour le PEC de cinq ans, jusqu’en 2022, avant une facturation négociée pour la sixième année et les suivantes.

Même s’il reste encore de nombreux points d’inquiétude pour cette ressource éducative du quartier Hochelaga-Maisonneuve, il devenait urgent de trouver un accord. Un financement de 12 M$ promis par le gouvernement du Québec pour la rénovation des six Centres d’éducation populaire (CEP) de Montréal était conditionné à la signature d’un nouveau bail.

«C’est la vraie raison pour laquelle on a signé, on ne pouvait pas se passer de ces 12 M$, car la rénovation est nécessaire», explique Louise Montgrain, la directrice générale du PEC.

Cette dernière déplore néanmoins l’absence de solution durable, d’autant que le financement des frais d’opération du bâtiment, une aide annuelle de 113 000 $ du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), arrive à échéance en 2019.

«On est encore en rafistolage. On s’offre un petit répit de deux ans, mais pendant ces deux ans, il va falloir se battre encore pour continuer à exister», poursuit Louise Montgrain.

Financement récurrent
Depuis 2012 et l’annonce de la fin des baux symboliques, le PEC est constamment dans l’incertitude. La CSDM a accepté de prolonger son offre jusqu’en 2022, mais selon Diane Beaudet, la commissaire scolaire de Hochelaga-Maisonneuve, il sera impossible d’aller au-delà.

«On ne peut pas prendre des risques. Dans un monde idéal, on voudrait continuer de leur offrir des locaux, car on croit profondément à l’éducation populaire, mais on ne peut pas se permettre de ne pas être à l’équilibre», souligne Mme Beaudet qui promet que la commission scolaire est prête à accompagner le PEC dans ses négociations avec le MEES.

Idéalement, Louise Montgrain aimerait obtenir un financement récurrent pour les frais d’opération à partir de 2019, mais aussi pour payer le loyer dès 2022.

«C’est toujours goutte à goutte et c’est fatigant. On a demandé un rendez-vous au ministre de l’Éducation, mais on n’a toujours pas de réponse. S’il ne nous répond pas, on va aller le trouver dans son bureau», lance la directrice générale du PEC.

De son côté, Carole Poirier, députée de Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation des adultes, entend continuer à porter ce dossier pour assurer la prolongation de ce financement gouvernemental au moins jusqu’en 2022. Elle plaide aussi pour que cette problématique soit réglée de façon durable afin de soulager les responsables des centres d’éducation populaire.

Un milieu de vie dans le quartier

Depuis plus de 45 ans, le PEC accompagne les résidents du quartier Hochelaga-Maisonneuve qui font face à des difficultés d’insertion sociale. Entre 1000 et 1500 personnes y passent chaque semaine et une dizaine d’organismes et associations sont hébergés dans son bâtiment du boulevard Pie-IX.

Le PEC est l’un des six centres d’éducation populaire (CEP) de Montréal qui ont pour mission de lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Les CEP offrent des services d’alphabétisation, de formation informatiques, de formation continue, de réinsertion, d’alimentation, de consultation juridique, de halte-garderie, de soutien aux immigrants, de langues, ainsi que d’autres activités d’ordre social, artistique et culturel.

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