Frédéric Faddoul/TC Media Un conflit entre les membres des ateliers de la cuisine collective Hochleaga-Maisonneuve et la direction fait rage dans le quartier.

«Harcèlement, insatisfaction, atteinte à la démocratie», des membres des ateliers de la cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve sont en colère contre la nouvelle administration. Ils ont décidé de faire front commun et de «ramener l’ordre» au sein de l’organisme.

Depuis l’arrivée du nouveau directeur général, Benoist De Peyrelongue, il y a un peu plus d’un an, la liste des mécontentements des membres ne cesse de croître. Ils dénoncent la planification des menus, qui est passée d’une semaine à un mois d’avance.

«Nous cuisinons des repas peu coûteux grâce aux spéciaux dans les circulaires et les dons de Moisson Montréal. Comment peut-on savoir ce qui sera en rabais ou quels seront les aliments offerts un mois d’avance? C’est impossible», s’indigne Hélène Bourret, membre du groupe les Gagnants. Pour elle, cette façon de faire va à l’encontre de la mission des cuisines collectives, qui est d’offrir des portions à moindre coût.

Pour ajouter aux frustrations, les membres soutiennent avoir déjà cuisiné avec de la nourriture périmée. «Les aliments ne sont pas conservés de façon adéquate. Nous sommes tous des gens dans le besoin, mais nos portions n’ont jamais coûté aussi cher», souligne Sandra Étienne, participante du groupe les Parents.

Plusieurs dons iraient également directement à la poubelle, affirment les membres. «Nous recevions des biscuits ou des croustilles en dons. Nous ne pouvions pas les cuisiner, alors les animatrices nous en donnaient quelquefois pour nous faire plaisir. Là, nous nous sommes fait dire que l’organisme n’était pas une banque alimentaire et que la nourriture devait seulement être utilisée pour cuisiner», s’insurge Mme Étienne.

Atmosphère de travail

Au cours de la dernière année, 10 employés auraient quitté l’équipe de travail de l’organisme. Reste à savoir si cela était ou non de leur plein gré. Selon les membres, ces départs sont directement liés avec l’arrivée du nouveau directeur général.

Parmi eux, on retrouve Dominique Brûlé, animatrice pendant près de 10 ans à la cuisine collective qui a été renvoyée pour «déloyauté», en mars dernier.

«Une pétition circulait pour la tenue d’une assemblée d’urgence entre le conseil d’administration et les membres. Ceux-ci voulaient faire connaître leurs insatisfactions et demandes aux élus. Je l’ai signée et on m’a mise à la porte à cause de ça», déclare Mme Brûlé.

D’autres employés auraient insulté plusieurs membres, en les traitant «d’animaux» et de «pauvres». «L’ambiance est rendue médiocre. Si ça reste comme ça, je vais m’en aller dans une autre cuisine collective», mentionne Mme Bourret. La dizaine de membres questionnés par les Nouvelles ont tous affirmé ne pas vouloir rester à l’organisme si M. De Peyrelongue restait en poste.

D’ailleurs, plusieurs membres ne vont plus à leurs ateliers afin de montrer leur mécontentement envers l’administration.

«Nous avons fait circuler des pétitions et nous travaillons actuellement à la dissolution du conseil d’administration afin que les nouveaux en poste le mettent dehors», lance Mme Brûlé.

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