TC Media/Patrick Sicotte C’est avec joie et nostalgie que les résidents se sont remémoré leurs souvenirs de jeunesse.

La vieillesse apporte la connaissance, l’expérience et la sagesse, mais surtout, le plaisir de se souvenir, particulièrement avec des photos à l’appui. Un exercice que des aînés de Lachine ont eu l’occasion d’expérimenter.

Rassemblés dans la pièce d’activité commune de la Résidence Jean-Placide-Desrosiers, une trentaine de personnes âgées tentent de deviner qui se cache sur les photos d’époque. «Comment elle s’appelle? Julie! C’est Julie!», lance une dame.

Les clichés noirs et blancs circulent entre les résidents, qui les passent au peigne fin. Portraits de familles, photographie de mariage ou de premières communions suscitent des échanges entre les résidents.

«Je suis photographiée lorsque j’avais environ 6 ans, au Lac-Brome, dans les Cantons de l’Est. Je suis arrivée à Ville Saint-Pierre à l’adolescence. J’ai travaillé comme serveuse pendant une quarantaine d’années, se souvient Gabrielle Pelletier. Ça passe tellement vite. Il faut profiter de la vie.»

Les histoires des résidents, toutes aussi fascinantes les unes que les autres, trouvent écho à travers les rires et les étonnements. Depuis une semaine, les photos sont affichées aux murs de la résidence de l’avenue Ouellet.

Les aînés s’amusent, rigolent et induisent même leurs pairs en erreur. Une saine compétition s’est installée entre eux. «C’était difficile de reconnaître certaines personnes. Les gens ont gardé le secret jusqu’à la fin. Un monsieur nous a même dit qu’il n’avait pas apporté de photo, mais ce n’était pas vrai», rigole Yvette Pinsonneault.

Si l’enthousiasme se ressent chez les participants ayant apporté un portrait, une tout autre réalité se fait sentir chez les résidents dont les clichés sont absents ou même inexistants. «Je n’en ai pas. Dans ce temps-là, on ne prenait pas autant de photos», indique Thérèse Cormier, qui a tout de même trouvé plaisir à participer.

Briser l’isolement
L’activité mise en place par l’animatrice de milieu de vie Emily Perrier-Gosselin a semé un engouement chez les aînés, à sa grande surprise. «Il y a des personnes qui ne viennent pas habituellement et qui étaient présentes à l’activité. Certains avaient laissé leurs photos chez leurs enfants ou leurs frères et sœurs, qui sont venus leur porter à la résidence. L’activité a créé des échanges, mais pas seulement durant l’activité», a-t-elle observé.

Une occasion pour eux de sociabiliser et de sortir de l’isolement, une mission que s’est donnée Mme Perrier-Gosselin. «C’est d’impliquer les aînés dans la résidence, pour qu’ils ajoutent leur touche personnelle. Les faire sortir de chez eux pour qu’ils réalisent quelque chose qui les intéresse. Plus on les connait, plus on sait quels types d’activités ils aiment. Le but, c’est de créer des liens entre les résidents.»

Faisant partie des résidences Enharmonie qui ont récemment remporté le prix «Loisir et qualité de vie» de la Fédération québécoise du loisir en institution, cette habitation offre des séances d’exercices comprenant des mouvements de tai-chi, des ateliers de percussion ou d’écriture, par exemple.

Les 10 résidences Enharmonie seront dotées d’un autobus en début 2018. Ce service rendra les sorties plus accessibles aux quelque 80 aînés qui habitent à la Résidence Jean-Placide-Desrosiers, dans le quartier enclavé de Saint-Pierre.

Sorties culturelles, sportives et à l’extérieure de la métropole offriront d’autres occasions aux aînés de retrouver leur cœur d’enfant, le temps d’un instant.

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