Les parents d’Anne-Marie Schensnovich n’ont jamais pensé que le karaté aurait pu avoir des effets positifs sur la vie de leur fille atteinte du syndrome Gilles de la Tourette. Voilà deux mois qu’elle évolue au sein du Groupe karaté sportif de Lachine.

«J’ai appris à me défendre en plus de me sentir plus confiante en général», lance la jeune fille du haut de ses douze ans. Pour la première fois, ses parents constatent son engouement pour participer à cette activité, contrairement aux autres sports déjà essayés, comme la natation.

«Je vois une nette amélioration de sa motricité, elle travaille sur sa concentration, une de ses plus grosses difficultés», explique sa mère, Galina Pizik.

Anne-Marie a des pratiques de 45 minutes trois fois par semaine avec des instructeurs formés pour ce handicap, qui ne traitent pas différemment les élèves ayant des difficultés de ceux qui n’en ont pas.

«On change très régulièrement d’exercice au cours de la séance pour que l’enfant ne se frustre pas, on ne va pas s’attarder sur les choses qu’ils ne réussissent pas. Ils restent calmes et progressent ainsi plus vite», souligne Benoit Robitaille, directeur du club.

En plus de faire gagner les élèves en agilité ou en endurance, les professeurs assurent de transmettre des valeurs de respect. Au début du cours, ils abordent un thème pendant cinq minutes, sur des bonnes conduites à avoir par exemple.

Assurer un suivi

Les instructeurs sont dans certains cas en lien permanent avec le personnel des établissements scolaires ou des camps de jours pour veiller à ce que l’enfant garde un bon comportement à tous les niveaux et pour suivre ses progrès.

«Il m’arrive d’avoir un appel d’un professeur pour me faire part d’inquiétudes quant au comportement de l’enfant, alors je le prends à part, sans le juger et j’essaie de trouver une solution avec lui», explique M. Robitaille.

Le directeur aimerait que plus d’élèves de quartiers défavorisés de Lachine et des alentours rejoignent le groupe. «Certains jeunes se retrouvent dans des gangs de rue, alors qu’ici on peut les aider d’une manière durable», ajoute-t-il.

Même si le karaté apprend aux élèves à se battre, il demeure avant tout une technique d’autodéfense où il est interdit de répliquer à une attaque ou de blesser des personnes.

Ouvert il y a trois ans, le club compte près de 200 membres, il offre plusieurs programmes de l’âge 22 mois jusqu’aux séniors, en plus de proposer du kickboxing et des camps de jours d’été.

Pour les parents ayant un enfant qui a un handicap ils peuvent profiter d’avantages puisque le Groupe Karaté sportif a des ententes avec plusieurs associations, à qui elle offre des tarifs préférentiels ainsi que des formations notamment avec l’Association des jeunes Bègles du Québec et l’Association québécoise du Syndrome de La Tourette.

Le syndrome Gilles de la Tourette

Le syndrome Gilles de la Tourette (SGT) se caractérise par des tics moteurs et au moins un tic sonore apparaissant durant l’enfance et continuant toute la vie de manière plus ou moins perceptible. Outre les tics, le SGT peut être aussi associé à d’autres manifestations comme des troubles obsessionnels compulsifs, des problèmes d’attention, d’apprentissages ou de comportement (agressivité, crise, hyperactivité).

Pour plus d’infos :

karatesportif.com

info@karatedorval.com

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