Charlotte Lopez/TC Media Marc Emery, surnommé "le prince du pot".

Plusieurs commerces de marijuana ont ouvert leurs portes à Montréal, jeudi, même si la loi canadienne ne permet pas la possession et la vente de cannabis à des fins non médicales.

Lors de l’ouverture, les propriétaires ont offert gratuitement des échantillons de marijuana aux futurs clients venus en grand nombre envahir la petite salle du magasin du 2200 avenue du Mont-Royal Est.

«Le gouvernement devrait nous laisser en consommer de la manière la plus sécure possible. Je ne veux pas avoir à faire avec le marché criminel, je ne veux pas être arrêté pour fumer de la marijuana, je veux être complètement en sécurité et être accepté dans la société», a indiqué un consommateur rencontré devant le commerce.

D’ici la fin du mois, 10 boutiques ouvriront leurs portes dans la métropole, ont indiqué les propriétaires de l’entreprise, Jodie et Marc Emery, lors de l’ouverture de la succursale dans le Plateau-Mont-Royal.

Malgré l’interdiction qui demeure actuellement sur la consommation récréative de marijuana, Marc Emery, grand défenseur de la réforme politique sur le cannabis au Canada et surnommé «le prince du pot» en Ontario et en Colombie-Britannique, a déjà 12 boutiques dans ces deux provinces.

Alors que la légalisation du cannabis récréatif ne devrait pas se concrétiser avant 2018, Marc et Jodie sont déterminés à implanter leurs magasins à travers le Canada.

«Beaucoup de gens veulent la légalisation du cannabis tout comme à Amsterdam ou au Colorado. Ils veulent pouvoir venir acheter de la marijuana comme ils achètent du café ou de l’alcool», affirme Jodie Emery, copropriétaire de l’entreprise.

Les clients, âgés de plus de 19 ans, pourront acheter du cannabis sans avoir besoin de carte de membre ou d’ordonnance médicale.

Marc Emery et sa femme souhaitent qu’Ottawa rende légale tout de suite la marijuana, au «lieu d’attendre deux ans durant lesquels la police va arrêter des gens.»

«Personne ne devrait être arrêté pour de la marijuana, souligne Jodie Emery. Je supplie la police de Montréal de nous laisser tranquilles, de ne pas nous arrêter et de faire le bon choix.»

Selon elle, la marijuana est «le choix le plus sûr, contrairement à l’alcool et les drogues.»

Désobéissance
Cela fait plus de 20 ans que l’entreprise Cannabis Culture fait de la désobéissance civile de manière pacifique afin de changer les lois.

Jodie Emery assure que les boutiques Cannabis Culture, s’ils peuvent ouvrir légalement leurs portes, pourront offrir des opportunités économiques importantes en employant des résidents locaux et en redonnant à la communauté.

«Politiciens et policiers, laissez cette boutique pacifique faire leur travail comme elle devrait, pour que l’on puisse démontrer à quoi la légalisation de la marijuana ressemblera», ajoute-t-elle.

Elle précise que si des opérations policières forcent la fermeture des commerces montréalais, elle compte les rouvrir dès le lendemain.

Arrêté dans huit provinces du Canada et à 28 reprises, Marc Emery assure qu’il n’a pas peur d’être une nouvelle fois arrêté et envoyé en prison. «Je suis confiant de mes moyens, ma cause est importante, tout le monde a le droit d’avoir accès à la marijuana de façon légale.»

Loi
Le maire de Montréal Denis Coderre a réagi sur Twitter en écrivant qu’il n’y aura «aucune tolérance pour ceux qui ne respecteront pas la loi actuelle». Il a également ajouté que «tous les outils administratifs de la ville seront utilisés pour que cesse un usage illégal».

Pour sa part, Projet Montréal demande déjà la création d’un comité de coordination pour que les arrondissements et la Ville se préparent et travaillent à la mise en place d’une réglementation municipale pour encadrer les dispensaires de marijuana récréative. « Nous attendons avec impatience la législation fédérale en matière de dispensaires récréatifs, mais il faut se préparer dès maintenant », souligne Valérie Plante, cheffe de l’Opposition officielle à la Ville de Montréal.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) indique que «les policiers ont le rôle d’intervenir auprès des dispensaires lorsque ceux-ci possèdent, produisent, vendent ou fournissent, transportent, livrent ou expédient du cannabis à l’extérieur du cadre permis par le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales.»

Santé Canada précise que les comptoirs de vente de marijuana, appelés «dispensaires» et «clubs de compassion», n’ont pas l’autorisation de vendre du cannabis.

«Ces comptoirs vendent des produits non testés, non réglementés et possiblement dangereux issus d’un approvisionnement illégal. La distribution et la vente illégales de cannabis en magasin sont passibles de mesures d’application de la loi», indique Anna Madison, porte-parole de Santé Canada.

Les boutiques ouvriront sur les rues suivantes:

  • 1863, rue Amherst
  • 1412, boulevard Pie-IX
  • 8870, boulevard Saint-Michel
  • 7130, boulevard Saint-Laurent
  • 2200, avenue du Mont-Royal Est
  • 3804, boulevard Saint-Laurent
  • 1431B, Rue Bishop
  • 4961, Chemin Queen-Mary

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