Elizaveta Galitckaia L’herbe à poux prolifère surtout dans des friches ou des terrains vagues, en bordure des voies ferrées, des trottoirs et des routes.  

La saison des allergies a commencé et, comme chaque année, l’herbe à poux va nuire à la santé de milliers de personnes au Québec, et particulièrement dans les grandes villes comme Montréal et dans Le Plateau-Mont-Royal. Les municipalités sensibilisent les citoyens à l’arrachage de cette plante, qui pousse principalement dans les terrains vagues.

Plante vivace qui pousse dans les sols arides partout à travers la province, l’herbe à poux ou Ambrosia en latin, est un des principaux responsables des allergies lors de la période estivale.  Dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord, son pollen serait responsable d’environ 75 % des symptômes de la rhinite allergique, communément appelé rhume des foins.

«C’est un élément déclencheur de crise respiratoire, de perte de contrôle au niveau de l’asthme, ou d’inflammation au niveau des bronches pour tous ceux qui ont des problèmes respiratoires», explique Marie-Ève Girard, coordonnatrice des soins de santé et inhalothérapeute à l’Association pulmonaire du Québec (APQ).

L’association lance la 12e Campagne provinciale de l’arrachage de l’herbe à poux en partenariat avec le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) et la Ville de Sorel-Tracy. Selon l’APQ, les coûts de santé associés à cette problématique ont été évalués entre 157 et 240 M$ par année au Québec et une personne sur huit dans la province est atteinte d’allergie au pollen de l’herbe à poux.

«Les graines qui vont être produites par la plante vont se retrouver dans le sol et ont une durée de longévité qui peut aller jusqu’à 40 ans. Même si on arrache le plant, on pallie aux effets à court terme, mais il faut le faire année après année », indique Mme Girard.

Sachant qu’un plant peut faire jusqu’à 3000 graines, il est nécessaire d’en arracher le plus possible pour que les actions posées portent fruit sur le long terme. L’APQ sensibilise donc la population et les municipalités à arracher cette mauvaise herbe, qui se situe dans des terrains vagues, en bordure de voies ferrées, ou encore sur des routes et trottoirs.

Irène Mayer alias « Madame Poupoux » et des bénévoles dans le Champ des possibles

Arracher deux à trois fois par an

«On conseille de couper l’herbe à poux dès qu’il commence à pousser, soit deux fois dans l’été, à la mi-juillet et à la mi-août», commente Mme Girard, avant d’ajouter qu’il n’y a pas de danger de la toucher avec les mains, à moins d’avoir des allergies à cette plante.

L’idéal est de l’arracher ou de la tondre avant sa période de floraison, qui se situe entre le mois d’août et la mi-septembre.

Une fois la plante arrachée, il est important de semer des graines de gazon ou de la remplacer par une plante couvre-sol ou par du paillis afin de limiter la croissance des graines d’herbes à poux dans les années futures ou au cours de la saison.

«Super arracheuse» du Plateau-Mont-Royal

De son côté, la «super arracheuse» du Plateau-Mont-Royal depuis près de quatre ans, Irène Mayer, pense qu’il est important d’arracher cette plante nuisible trois fois dans l’été.

«Si on passe trois fois par année, pendant trois années de suite, il n’y en aura plus, lance-t-elle. Tondre deux fois par an n’est pas suffisant, car avec le réchauffement climatique la période de chaleur et de pollen s’allonge chaque année. J’en ai déjà arraché un 7 novembre!»

Selon elle, après le 15 août cette plante a le temps de faire des graines et d’être présente l’année suivante. Elle préconise donc un arrachage sélectif  et invite tous les citoyens à participer à cet arrachage.

Elle organise deux séances d’informations pour apprendre à identifier la plante de 18h30 à 19h45 au POP-UP LAB, au 4128 rue Saint-Denis le lundi 11 juin et chez Temps Libre au 5605, avenue de Gaspé, à la même heure, le mardi 19 juin prochain.

Marianne Giguère, conseillère municipale au Plateau-Mont-Royal, souligne que les terrains de l’arrondissement sujet à l’herbe à poux vont continuer à être traités. «Un suivi assez serré de notre inventaire d’herbe à poux des dernières années va être réalisé cet été par une étudiante, afin de mieux cibler nos interventions», explique-t-elle.

«On va réaliser une expérience de tonte de terre-plein, surtout celui sur l’avenue du Parc où il y en a beaucoup. Sur le boulevard Saint-Joseph, on a fait des plantations de fleurs indigènes sauvages pour empêcher l’herbe à poux de pousser», ajoute-t-elle.

Comment reconnaître l’herbe à poux?

Mesurant de 10 à 150 cm de hauteur à maturité, ses feuilles sont vertes des deux côtés, divisées, minces et composées de plusieurs segments. Les tiges ont un petit duvet. Les fleurs mâles, qui produisent le pollen, sont de couleur vert-jaunâtre et regroupée en épis au sommet de la plante.

L’herbe à poux prolifère surtout dans les endroits arides et ensoleillés, dans les sites perturbés comme des friches ou des terrains vagues, ainsi qu’en bordure des voies ferrées, des trottoirs et des routes.

 

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