Des citoyens qui résident à proximité du Fairmount Bagel affirment que les émanations provenant du four à bois de la boulangerie leur causent des désagréments et problèmes de santé. Mobilisés, ils ont tenu une réunion avec un représentant de la Ville pour exiger qu’une solution soit trouvée pour atténuer les effets de la fumée.

Réal Ménard, responsable des questions environnementales au comité exécutif de la Ville de Montréal, est venu à la rencontre des citoyens, le 28 juin, pour écouter leurs doléances.

Les symptômes recensés par les riverains sont variés: gorge irritée, toux, yeux larmoyants et même crises d’asthme.

«Mes deux enfants toussent. Mon conjoint trouve [la fumée] insupportable», déplore Dominique Charbonneau, une riveraine du commerce.

«L’été, on est obligé d’être à l’air climatisé. On ne peut pas ouvrir les  fenêtres, parce que la fumée entre à l’intérieur», dénonce François Grenier, un résident de la rue Clark.

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Paolo Valentino, un propriétaire d’immeuble du Mile End, indique avoir du mal à garder ses locataires: «Ils restent un an et puis partent. On ne sait plus quoi faire».

Ménard, pour qui la situation est «inacceptable», n’écarte pas la possibilité d’imposer des amendes. Il soutient toutefois que l’entrepreneur est de bonne foi et collabore avec la Ville.

Filtres inefficaces
Se disant «parfaitement conscient du problème», Irwin Shalfman, propriétaire de l’entreprise familiale, travaille depuis 2008 pour tenter de trouver une solution, allant jusqu’à investir plus de 100 000$ pour acheter des filtres qui réduiraient substantiellement les émanations.

«C’est un processus qui est long. Il faut trouver une entreprise qui fait cette technologie, la commander, l’installer. Après, on tente de l’adapter. Puisque ça ne fonctionne pas, on en commande une autre», explique M. Shalfman.

L’entrepreneur, qui en serait à son troisième modèle de filtre, a bon espoir de «régler le problème d’ici un mois».

«Moi aussi, j’habite le quartier. Si ce n’est pas bon pour la santé des autres, ce n’est pas bon pour ma santé non plus», souligne M. Shalfman.

Selon lui, la solution à long terme, c’est d’interdire tous les fours à bois.

«Je ne peux pas changer ma méthode, parce qu’après, mes compétiteurs juste à côté vont dire qu’ils sont les seuls à faire des bagels de façon artisanale. Ça ferait mal à mon entreprise. J’ai tenté de les approcher, mais personne ne veut changer. Si la Ville rend cela illégal, je passerai à l’électrique ou au gaz naturel avec plaisir», conclut M. Shalfman.

La Ville de Montréal interdira en 2018 l’utilisation de l’alimentation au bois pour les résidences, sauf pour les appareils avec des émanations de particules fines de moins de 2,5g/h.

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