Après une gestation de cinq ans, le projet d’agriculture urbaine «Cultiver l’espoir» porte finalement ses fruits. Cet automne, ce sont 30 000 légumes cultivés à Senneville sur des terres appartenant à la ville de Montréal qui seront bientôt distribués à quelque 15 000 familles montréalaises dans le besoin, un don d’une valeur de plus de 50 000$.

C’est le Regroupement des Magasins-Partage de l’île de Montréal (RMPIM), une entreprise d’économie sociale qui a initié le projet pour combattre l’insécurité alimentaire dans la métropole.

«À Montréal, c’est une famille sur quatre qui vit sous le seuil de la pauvreté. 25% des enfants montréalais ne mangent pas à leur faim. C’est pourquoi des projets comme celui-ci ont une grande place dans l’aide à la détresse sociale», a déclaré la directrice Sylvie Rochette lors d’une conférence de presse mardi.

Un peu plus de deux hectares des terres agricoles du Bois-de-la-Roche ont été utilisés cet été pour faire pousser des choux et des rutabagas. L’organisme D-Trois-Pierres, une entreprise d’insertion sociale en agriculture biologique, a préparé les terres au cours des cinq dernières années.

L’organisme emploie présentement 18 jeunes de 18 à 30 ans pour ses différents projets agricoles, dont «Cultiver l’espoir». Selon Emploi-Québec, le taux de réinsertion des participants oscille entre 87 et 95% après un contrat de huit mois avec l’entreprise.

«Ces jeunes peuvent être là pour mille et une raison: ils peuvent sortir d’une dépression, souffrir d’un problème de santé mentale ou revenir d’un accident du travail, ils ont peut-être eu une enfance très difficile ou n’ont pas de secondaire 5», a indiqué la coordonnatrice Dominique Patry.

Les différents organismes qui sont partie prenante du projet «Cultiver l’espoir». souhaitent voir celui-ci prendre de l’expansion au cours des cinq prochaines années. On veut notamment en arriver à cultiver 24 hectares et à offrir des carottes et des betteraves. Dès l’an prochain, les administrateurs désirent doubler la superficie des terres cultivées et la production de légumes.

Le RMPIM espère que le projet pourra opérer de façon autosuffisante financièrement dès 2016 en vendant la moitié des récoltes à des distributeurs en légumes biologiques.

«C’est un projet de solidarité incroyable dans lequel les Montréalais bien nantis vont pouvoir se procurer des légumes tout en aidant à financer la partie des légumes donnés aux moins bien nantis. En sécurité alimentaire, il faut trouver des nouvelles façons de faire», avance Mme Rochette.

Cette année, le projet est financé à hauteur de 65 000$, dont 54 836$ est financé par la ville-centre. L’œuvre Léger et la Fondation J.A. DeSève participent également au financement du projet alors que les organismes Moisson Montréal et Jeunesse au Soleil s’occupent de la distribution des denrées.

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