L’artiste outremontais Guy Glorieux porte son regard sur ce qu’on ne voit pas ou qu’on ne remarque plus à travers la ville de Montréal. Ses œuvres sont maintenant rassemblées dans un livre qui s’est si bien vendu qu’il doit le faire rééditer, moins d’une semaine après sa parution.

Sa technique de prédilection et la plus étonnante est le sténopé. Ce procédé à l’origine de la photographie est très particulier.

Dans une pièce plongée dans le noir après avoir recouvert toutes les fenêtres, la lumière perce à travers seulement un trou de 2 mm. L’image qui pénètre par ce minuscule interstice s’imprègne sur le papier photo installé sur un chevalet, au bout de deux à trois heures.

Le résultat ressemble à un négatif en ce sens que ce qui est clair en réalité y est foncé. «C’est très désorientant pour le spectateur, puisque la photographie est en quelque sorte à l’envers, comme si on regardait la ville à travers un miroir», commente M. Glorieux.

Le sténopé a la particularité de faire disparaître tout ce qui est éphémère, tout ce qui bouge trop rapidement pour avoir le temps de s’imprimer sur le papier photo. Ainsi, pas de piétons, ni de voitures en mouvement dans ces toiles. Seulement ce qui traverse le temps, les immeubles.

Technique ancienne, angle nouveau          
Dans sa série de clichés, M. Glorieux s’est attardé à des architectures qui font la signature de la ville de Montréal comme la Place des Festivals, le Stade olympique, le 2-22 de la vitrine culturelle ou le parc Lafontaine.

Le fait que ces lieux se retrouvent en image miroir dans ses toiles pousse le spectateur à s’attarder à des détails qu’il n’aurait pas remarqué autrement, le faisant voyager dans un monde semblable à celui qu’il connaît, sans toutefois y être identique.

Cette façon de créer un décalage avec la réalité transparaît aussi dans sa série «Montréal-Lith», dans laquelle il n’utilise pas sa technique de sténopé mais bien un développement lithographique, qui donne l’impression de se trouver devant des photos sépia datant du XIXe siècle. Ce n’est que lorsqu’on s’attarde aux détails comme les voitures ou certains immeubles qu’on réalise que l’image est en fait contemporaine.

Son livre est en vente aux librairies Port de Tête sur Mont-Royal et Format sur Sainte-Catherine, ainsi qu’à la boutique de photographie Studio argentique.

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