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Déclaré coupable de trois chefs d’inconduite sexuelle par le Conseil de discipline du Collège des médecins en juin 2016, Kamal Maraghi, gynécologue-obstétricien, est maintenant accusé au criminel de trois chefs d’agression sexuelle.
L’homme de 75 ans, résident de Mont-Royal, aurait posé des «gestes inacceptables et non médicaux», selon le Conseil des médecins, sur trois plaignantes. «Les descriptions faites par ces trois femmes, qui ne se connaissent pas et, par le fait même, qui n’ont jamais été en mesure d’en discuter entre elles, des examens gynécologiques faits par le Dr Maraghi, comportent, de l’avis du Conseil, plusieurs ressemblances sur les éléments déterminants des chefs d’infraction: patientes nues à qui on n’offre pas ce qu’il faut pour se couvrir décemment; mouvements de va-et-vient des doigts dans le vagin, intenses et prolongés, allant jusqu’à quelques minutes; palpation, pincement, caresse et stimulation du clitoris.» Il aurait aussi questionné au moins une d’entre elles sur ses positions sexuelles favorites et lui aurait demandé si elle était vaginale ou clitoridienne.
Long processus de sanction
Le premier événement se serait produit dans les années 1990. Le Collège des médecins n’avait pas assez de preuve pour sévir à l’endroit du docteur. Il aura fallu une deuxième, puis une troisième victime pour que les plaintes mènent à une mobilisation du Collège des médecins. Maraghi a toujours nié les faits reprochés et a même tenté de faire tomber des accusations, prétextant qu’il n’aurait pas droit à une défense pleine et entière. Il sous-entendait qu’après avoir été avisé qu’aucune accusation ne serait déposée contre lui, il aurait détruit des notes concernant les plaignantes. L’absence de ces notes le privait ensuite d’une défense adéquate. Cette requête fut rejetée le 8 septembre 2015 par le Conseil: «Un dossier d’enquête d’un syndic ne «meurt pas». Il peut être arrêté ou suspendu. Et que, (…) même en l’absence de faits nouveaux, il peut être réactivé.» Le Conseil a aussi souligné que Maraghi a volontairement détruit ses notes personnelles.
Plainte à la police
C’est le 18 janvier 2017 que le Conseil des médecins se réunira de nouveau afin de déterminer de la sanction appropriée contre le docteur. Entre-temps, des victimes ont porté plainte au service de police de la ville de Montréal (SPVM). Trois accusations d’agression sexuelle ont été déposées le 21 décembre contre Kamal Maraghi. Les chefs réfèrent à trois événements distincts, soit le 6 février 1990, le 21 février 2006 et le 7 janvier 2008, contre trois victimes différentes. Les événements auraient eu lieu à Montréal, alors que les plaintes au Collège des médecins concernent Montréal et Longueuil.
Témoignages crédibles
Le document du Conseil de discipline du Collège des médecins qualifie les témoignages des victimes de sérieux, cohérents et vraisemblables. «Elles ont témoigné avec aplomb et ont subi, dans les règles, des contre-interrogatoires serrés et pas toujours agréables.» Les trois victimes rencontrées étaient âgées de 19, 20 et 29 ans au moment des faits allégués. Elles ont toutes les trois témoigné de leur réaction. «Elle est paralysée par la situation. Elle se sent vulnérable et victime d’abus.» «Elle se sentait mal et sans voix. Elle s’est sentie longtemps coupable, et d’avoir le sentiment d’être responsable de ce qui s’est produit cette journée-là. À la fin, elle s’est rhabillée, a pris sa prescription et elle est partie.Elle a essayé d’oublier. Six ans plus tard, incapable de mettre cet événement derrière elle, elle adresse une plainte au Collège.»
Le docteur Kamal Maraghi a fait ses études de médecine en Égypte. Il a obtenu son droit de pratique au Canada en 1971. Il pratiquait dans différentes cliniques, dont la Polyclinique Masson et la clinique Métro-Médic à Longueuil.

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